Les chapelles d'Entrechaux

 

Date :  07/12/2014 Difficulté : Courte
Accompagnateur :  G. Langlois
Coordonnées UTM :
Participants : 19
Départ : 31T 0670845 4898232
Longueur : 12 km Pique Nique :
Dénivelée : 400 m Autres :
Carte IGN TOP 25 n° : 3040 ET
Position par rapport à Buis-les-Baronnies : 15 km OSO

 

Commentaires techniques :

Néant.

Compte-rendu :

Entrechaux : le nom de ce village du Vaucluse, proche de Vaison, viendrait du latin « inter callis », « entre deux hauteurs », ce qui est effectivement le cas : que l'on arrive de Mollans ou de Vaison, on ne peut rater la silhouette du château qui domine le village et fait face au plateau de Talès. Le village est niché tout au pied. Une autre interprétation est donnée : ce nom pourrait signifier « carrefour de sentiers », pourquoi pas ? Nous nous retrouvons devant l'église par cette belle matinée de Décembre, rafraîchie par le mistral. Le temps de récupérer les clés des chapelles que nous devons visiter, aimablement prêtées par la personne qui en est détentrice, et nous partons par la rue basse parallèle à la grande rue avant de longer le Ruisseau de Riaille, jusqu'à Puyberlie. Nous sommes 19 à faire cette balade des Trois Chapelles. Après Puyberlie et Saint-Michel, contournons la colline de Séguret, ainsi nommée car elle devait être un lieu où se mettre en sécurité soit à l'abri des inondations de l'Ouvèze toute proche soit contre les bandes armées à l'époque féodale (???). Nous n'irons pas jusqu'au vieux Pont Saint-Michel sur l'Ouvèze, faute de temps... C'est partie remise ! En longeant les vignes qui ont maintenant perdu leurs belles couleurs d'automne «sang et or», nous rejoignons le carrefour de Braysse sur la route de Mollans. Quelques centaines de mètres sur la petite route suffiront pour atteindre la Chapelle Notre-Dame de Nazareth, cachée parmi les arbres. Cette jolie chapelle, vraisemblablement la plus caractéristique des trois par son architecture, a été fondée au Xème siècle sur l'emplacement d'un temple païen dédié à la Déesse Diane. Elle aurait été ensuite dédiée jusqu'au XIIIème siècle à l'Apôtre Saint-Marc, dont le nom latin « MARCUM » est gravé sur le linteau de la porte d'entrée. Une visite de cette très belle chapelle révèle des détails intéressants, notamment la corniche d'inspiration orientale avec ses feuilles d'acanthe qui recèle des sculptures de personnages gaulois... Les derniers visiteurs auront droit à une brève mais agréable démonstration du talent de chanteuse de Marjorie mis en valeur par l'acoustique du lieu (et inversement). A l'extérieur, un autre détail remarquable, en levant les yeux sur le petit clocheton qui surmonte l'édifice : de petits personnages à peine reconnaissables, dont un jongleur et un animal étrange chevauché par un autre personnage. Nous repasserons une autre fois avec des jumelles pour en avoir une vision plus précise ! Le petit sentier nous ramène un peu plus bas, au milieu des vignes, face au Château qui se détache sur le ciel bleu. Le soleil éclaire et met en valeur la belle citadelle. Comme beaucoup d'autres châteaux féodaux, il servit de carrière de pierres aux habitants du village après la Révolution Française. Cheminons tranquillement entre les rangées de vignes pour atteindre bientôt notre deuxième halte, la Chapelle Saint-André, la plus ancienne et la plus grande à l'origine, datant de 820-830. Il n'en subsiste que l'abside. L'historien d'Entrechaux, Emile Comte, dit qu'elle« devait avoir fière allure » à l'origine. La voûte en cul de four avec ses 3 arcatures est élégante. Là encore, maints autres détails ne manquent pas d'attirer l'œil... Un petit tour du bâtiment, et nous repartons. Les vignes qui bordent la route vers Champ Long incitent à grapillonner : des grains sombres, au sucre abondant, restant accrochés aux sarments dénudés, ne manquent pas d'inciter certains à la gourmandise. Un petit plaisir qui fait le charme de nos sorties de fin d'automne. Les cerisiers et abricotiers, quant à eux, élèvent leurs branches décharnées dans l'attente d'une taille prochaine. Au-dessus de nous, déjà les parois de safre annoncent le Plateau de Talès vers lequel nous nous dirigeons après avoir viré à droite au poteau directionnel du même nom... Tiens donc, qui pourrait nous rappeler le Théorème de... Thalès ? Allez, ressortez vos vieux manuels de géométrie ! Enfin, diront certains, nous montons un peu pour accéder à ce plateau qui surplombe le village. La pente permet de vérifier la nature du sol, des safres très présents. La végétation du plateau est faite essentiellement de broussailles ou herbes folles, sans abri le vent redevient plus insistant. L'heure s'avance, il est prévu une halte pique-nique près de la statue de Notre-Dame de la Salette qui surplombe le village, en face du château. Par un chemin creux bien abrité, nous y parvenons... Mais alors, le vent malicieux oblige la troupe à se trouver un abri au ras du sol pour déjeuner car ce petit mistral est froid. Nous ferons contre mauvaise fortune bon cœur avant de repartir rassasiés et papilles humectées. De ce promontoire, la vue porte au loin vers Le Crestet et son château, le Saint-Amand et les Dentelles de Montmirail. Plus proche, juste en face de nous le Château, une fois de plus se présente dans toute sa splendeur, avec en premier plan l'ancienne Eglise Saint-Laurent, du XVème siècle, restaurée après de nombreux sévices et modifications au cours des siècles. Autour de Vaison, pratiquement chaque village possède son château, souvent en ruines, parfois restauré : un véritable réseau. Entrechaux fait partie de ces villages provençaux qui offrent au visiteur cette première image de leur citadelle perchée que l'on repère au loin. Ce sont des vigies veillant sur les routes de la région, sur un territoire qui fut riche en péripéties liées aux luttes de pouvoir soit entre les familles nobles, soit entre les seigneurs féodaux et l'Eglise, ou encore en raison des conflits nés des guerres de religion. Quelques uns de ces châteaux furent construits à l'initiative de Raymond de Toulouse, Comte de Provence, au XIIème siècle, selon les archives que l'on a pu retrouver, mais pour celui d'Entrechaux qui daterait du Xème ou XIème siècle, nulle trace des premiers propriétaires. Revenons un peu sur nos pas afin de reprendre la piste qui à travers vignes et bois nous ramènera vers Entrechaux, en passant par Le Dévès. De ce carrefour jusqu'à la route de Malaucène, c'est le spectacle des safres tout en rondeurs, noircis par le temps, ravinés et sculptés par l'érosion, creusés d'orifices où nichent les oiseaux. Il s'agit sans doute de l'un des sites les plus caractéristiques montrant le phénomène géologique qui aboutit à la constitution de ce matériau typique de la région. Il faut bien dire qu'Entrechaux occupe une situation exceptionnelle, sur le tracé de la « Faille de Nimes » qui, longue de 120 Km, va jusqu'à la Montagne Bluye. Les safres sont des dépôts de la Mer du Miocène (ère tertiaire) qui ont recouvert les accidents dus à ce fort mouvement tectonique. Pour l'anecdote (si l'on peut dire, à cette échelle du temps), le château se trouve, quant à lui, sur un rocher constitué d'un « fragment de calcaire » qui formait un écueil dans cette mer du Miocène !... Vous en avez assez de cette description, passons donc à la photo du groupe sur une croupe de safre un peu glissante, face au soleil ! La balade sportivo-culturelle n'est pas terminée, il nous reste encore à trouver la petit Chapelle Saint-Laurent, en poursuivant le circuit autour du village : elle apparaît bientôt parmi les vignes (culture principale sur cette aire qui produit de bons « Côteaux du Ventoux »). Comparée aux deux précédentes chapelles, elle apparaît plus endommagée. Ce qui semble être un bassin jouxte l'édifice qui, jusqu'en 1805, était entouré d'un cimetière. A l'entrée, on peut remarquer un petit bénitier sculpté. La chapelle daterait du XIème siècle, aurait été détruite puis reconstruite un siècle plus tard. Remisons nos grosses clés au fond de la poche et partons, pour boucler la randonnée vers le pied du château. Nous y sommes maintenant... Alors, nous y grimpons ? Chiche ?... Ah, je ne vous avais pas prévenus que nous irions là-haut ? Si près du but, avec la perspective d'une vue remarquable sur le village et ses alentours, je m'en voudrais de ne pas vous faire profiter de l'occasion... Bravo, nous y sommes après une petite pente bien raide et un sentier de chèvres au milieu des broussailles (mais quel délice après le bitume que nous n'avons pas pu éviter). Le spectacle en vaut la peine avec cette échappée vers le Mont-Ventoux et les montagnes au-dessus de la Vallée du Toulourenc, toute proche. En saison, il eût été possible de visiter le chantier de restauration que conduit une association de bénévoles : c'est un but de visite estivale qui permet d'avoir une idée précise des lieux où se trouve une quatrième chapelle fortifiée, Saint-Quenin. En effet, la citadelle fut partagée, tant bien que mal, entre les évêques de Vaison (qui construisirent le « petit château ») et les seigneurs locaux dès le XIème siècle. Il reste à redescendre en roue libre vers le parking de l'église... Mais qui donc aurait pu abandonner une paire de chaussures orphelines sur le parvis ? Ce n'est pas encore Noël pour une distribution de cadeaux !... Que dites-vous, ce pourrait-être le même étourdi qui aurait perdu son téléphone ?... Il y a des jours !!!... Pour terminer, il est d'usage de remercier le guide pour sa prestation, mais aujourd'hui, je remercierai le groupe pour son amitié, sa bonne humeur, son attention et son indulgence pour une sortie dont les portions de bitume furent le point faible.

G. Langlois

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