Puyméras - La Garenne

 

Date : 08/02/2015
Difficulté : Facile
Accompagnateur : G. Langlois
Coordonnées UTM :
Participants :  17 Départ : 31T 0669749 4904152
Longueur : 11,8 km Pique Nique :
Dénivelée : 350 m Autres :
Carte IGN TOP 25 n° :  3040 ET
Position par rapport à Buis-les-Baronnies : 17 km O

 

Commentaires techniques :

Néant.

Compte-rendu :

Rendez-vous aux frontières occidentales des Baronnies pour une sortie dominicale sur un territoire méconnu : on n’est plus tout à fait dans les Baronnies, pas encore dans la plaine viticole de l’Ouvèze, le « Géant de Provence » en perspective semble tout proche. C’est un pays de transition fait de villages perchés sur de petits promontoires à peine suffisants pour assurer autrefois une défense efficace… Mais c’est un territoire empreint de douceur avec ses coteaux plantés de vignes et d’oliviers, ses collines boisées, quelques cyprès pointant vers le ciel bleu… Une petite Toscane !
La Place du Jeu de Paume est bien tranquille ce matin à Puyméras : les 17 Randouvèziens décidés à profiter d’une belle journée après les chutes de neige abondantes de la semaine seraient-ils dans un village fantôme ? Pas de messe en ce dimanche et le saloon est en travaux ! Une atmosphère de western. Autant dire, pas la queue d’un chat à l’horizon ! Prenons donc le Chemin du Gours de Jacques qui nous mènera au Quartier de La Garenne, à travers vignes, oliviers et cerisiers, comme de paisibles chalands un jour de marché. Quelques traces de neige ou de glace rappellent discrètement les intempéries. Quant aux chasseurs, ils se sont faits discrets ce matin.
Les premiers kilomètres sont parcourus par de larges pistes et chemins jusqu’au pont sur le Lauzon pour rejoindre bientôt Saint-Romain en Viennois dont les deux clochers émergent au-dessus du village et dont les ruelles tout aussi paisibles que celles de Puyméras n’incitent guère à chahuter… Pourtant, notre passage ne passera pas complètement inaperçu : un jeune Raminagrobis noir comme du charbon profitant des rayons du soleil sur les degrés du monument aux Morts, a dû s’interroger quant la destination de notre troupe ??? Et ce curieux entreprend de nous emboiter le pas… Gageons que le jeune paresseux n’ira pas bien loin !
Enfin, une première pente un peu sérieuse vient chauffer nos mollets encore tièdes : le sentier étroit en sous-bois permet de se protéger du vent froid qui devient plus insistant. Le chaton, à l’aise, dépasse la file de marcheurs. Et bientôt, la neige refait son apparition en larges plaques verglacées : la prudence est de rigueur car la piste qui nous ramène vers la petite route d’Entrechaux est très glissante. Seul notre compagnon de route (toujours là) n’a pas de soucis d’équilibre. Ainsi allons-nous cheminer vers les bois de Faucon, devisant tranquillement… Tiens donc, les douze coups de midi sonnent à l’église de Saint-Romain et suscitent un réflexe pavlovien : « quand est-ce qu’on mange ? ». Encore un petit effort pour parvenir à l’orée du Bois de Jau où nous accueille un talus bien exposé au soleil, face au Ventoux, nous protégeant du Mistral piquant, devant un beau champ d’oliviers dont les feuillages argentés jouent dans cette lumière hivernale.
Le cérémonial traditionnel fait passer quelques boissons apéritives avant les plats de résistance. Notre compagnon de route va de l’un à l’autre, hume les odeurs alléchantes, passe le nez dans l’ouverture des sacs (serait-il un chapardeur ?). Il semble faire le difficile et pourtant quelle sollicitude de la part des convives pour ce charmeur. La douce température que procure notre abri lui permet, comme à certains d’entre nous de faire un brun de sieste. Mais nous ne sommes pas encore au bout du chemin et cette pause chaleureuse doit prendre fin : debout les braves.
Partons à l’escalade (le mot est peut-être un peu fort) des sentiers de ce Bois de Jau où se retrouvent à l’automne les cueilleurs de champignons. Au moins nous y sommes à l’abri du vent. Pour une promenade digestive, c’est idéal. Et de pistes en sentiers, nous rejoignons les vignes de Bonpasset encore recouvertes sous une belle couche de neige. Faucon n’est plus très loin et nous allons rallier le village par le chemin qui traverse vignes et oliviers, en dessous de la Vierge Noire. Comme le canard de Robert Lamoureux, notre mascotte est toujours là… Il semble toutefois moins vif que ce matin, notre fringant félin. Aurait-il sur-estimé ses capacités ? Erreur de jeunesse !
Qu’à cela ne tienne, nous allons bientôt aborder la dernière ligne droite : encore deux kilomètres pour rejoindre Puyméras par le Chemin de la Lauzière, autant dire rien du tout… Pardon, Monsieur Grippe-Minaud ? Vous n’êtes pas d’accord… Seriez-vous un peu chamailleur ? Allons, un peu de courage ! Nos bonnes âmes prennent le jeune imprudent en pitié et nous ferons ainsi les derniers hectomètres à un train de sénateur. Le bon Henri va se charger de ramener jusqu’aux voitures notre aimable compagnon qui trouvera encore une aimable conductrice pour le transporter jusqu’à Saint-Romain ! Qui nous dira qu’à Randouvèze la solidarité est un vain mot ?... Fin du chapître.
Ah, si les chats savaient parler, nous serions curieux de connaître comment il vécut cette belle journée.

Gérard Langlois.

Le point de vue du chat

Bonsoir à vous, mes compères les chats !
Je m'en vais vous conter l'histoire peu banale qui m'advint en ce dimanche 8 février et que je ne manquerai pas de narrer le soir venu à mes enfants et petits enfants s'ils ont encore la patience d'écouter un ancien. Maintenant, ils n'ont de cesse que de jouer avec des souris !
Je suis un chat, plutôt sympathique, bien de ma personne, enfin je veux dire présentant la silhouette bien découplée que me vaut la vie saine que je mène en résidant à la campagne. J'oubliais : je suis un chat noir. Mais qu'importe la couleur puisque la nuit, tous les chats sont gris !
Ainsi donc, je me promenais bien tranquillement dans les rues calmes d'un charmant village provençal nommé Saint Romain en Viennois, peu après que les cloches ont annoncé qu'il était 10 heures du matin.
Le ciel était bleu, le soleil commençait à inonder de ses chauds rayons les vieilles façades des maisons et c'était bon de retrouver un peu de chaleur après une nuit fraîche au cours de laquelle mes performances de chasseur avaient été durement mises à mal par des proies averties qui échappèrent à mes ruses et à ma sagacité.
Vous comprendrez mieux ainsi l'humeur flâneuse dont je faisais montre en ce beau dimanche de février.
Je décidai de m'octroyer un peu de repos sur le socle du monument aux morts du village qui se trouvait particulièrement bien exposé aux rayons du soleil et m'installai donc. Peu de temps après, une animation soudaine me tira de ma torpeur : une troupe d'une vingtaine d'individus venaient d'entrer dans mon champ de vision car comme chacun sait « Bon chat ne dort que d'un œil ».
Je fus fort intrigué quand je constatai que tous étaient bizarrement équipés : sacs dans le dos, chaussures énormes (tiens, il faudra faire très attention de ne pas me faire escagasser), bâtons bizarres… Diable préparaient-ils une expédition punitive contre des rats ou autres rongeurs nuisibles et indésirables dont je pourrais tirer profit après cette nuit qui me vit bredouille ?
Je décidai donc de les suivre et m'assurer ainsi de leurs intentions.
Après quelques centaines de mètres, l'un de ces individus s'avisa soudain de ma présence et offusqua ma modeste discrétion en déclarant tout haut que « d'habitude ce sont les chiens qui les accompagnent et qu'il n'avait pas encore vu de chat se commettre dans une telle aventure ». Que d'assurance dans de tels propos, que dis-je que d'arrogance !
Puis une montée assez marquée survint et là, je me réjouis en les dépassant tranquillement les uns après les autres, la queue bien droite fouettant l'air frais du matin et j'étais bien le seul ! C'est dans de telles circonstances, me dis-je, que l'on peut noter la supériorité du 4 x 4 et de la souplesse féline qui nous caractérise nous les chats !
Je fus néanmoins intrigué par l'usage qu'ils faisaient des bâtons. Il cherchaient à m'imiter en s'en servant comme pattes complémentaires ! Ainsi donc, la perspective d'assister à une chasse aux rats et d'en profiter, s'évanouissait. Dommage !
Je suivis sans hâte ce groupe qui me paraissait de plus en plus sympathique tant nombreux étaient les propos anthropomorphiques qu'ils tenaient à mon égard. J'étais devenu leur alter ego ! « Il va être fatigué ». « Il ne tiendra pas jusqu'au bout ». Tant de sollicitude ne manqua pas de m'émouvoir !
Puis au loin, le tintinnabulement de cloches indiqua que l'heure de la pause approchait… En effet, quelques instants plus tard, celui qui me parut être le chef décida de faire halte près d'un cabanon en cours de restauration et beaucoup s'extasièrent de la vue splendide que ce site offrait sur le massif du Ventoux.
Ils déposèrent au sol les sacs arrimés sur leur dos et en sortirent ce qui semblait être leur ration du jour.
A cet instant, je fus littéralement bouleversé par tous les égards qu'ils me témoignèrent. L'une m'offrit du jambon, que je déclinai. Une autre lui suggéra que je n'appréciais pas le gras. A quoi la première rétorqua que son jambon n'était pas gras !
Ne voulant pas être à l'origine d'un éventuel conflit, je passai mon chemin vers d'autres écuelles pour finalement arrêter mon choix devant une boîte au contenu indéfinissable mais dont l'odeur me parût alléchante.
J'aurais bien profité quelques instants de la douceur des rayons du soleil pour me remettre de cet en-cas mais ils décidèrent de poursuivre leur itinérance !
Ils étaient infatigables et cheminaient à bonne allure ; je décidai de fermer la marche et m'investis, comme ils disaient, dans le rôle de serre-file ! Rôle qui m'allait d'autant mieux que sans vouloir le laisser paraître, je commençais à ressentir la fatigue. Ma fierté aidant, je cachai ma détresse et laissai seulement de temps à autre, échapper un miaulement à peine audible.
Et ce fut pourtant bien ce qui me trahit puisque l'un d'eux s'avança vers moi et entreprit de me prendre dans ses bras pour me porter. Je réagis violemment et lui décochai un petit coup de patte de velours pour le dissuader de persévérer dans une telle initiative. Non mais !
Nous passâmes Faucon et je restai drapé dans ma dignité.
Ma gratitude envers ce groupe atteignit son apogée quand, arrivant à Puyméras, le bruit d'un moteur se fit entendre. Aussitôt, plusieurs voix s'élevèrent pour s'enquérir de ma situation de peur que je ne me fasse écraser. Touchant, non ?
Ils étaient arrivés à leur point de départ et s'apprêtaient à monter dans leur véhicule quant l'un d'eux proposa de me ramener à St Romain, mon domaine de prédilection.
Je refusai tout net et me dirigeai résolument vers ce village, leur tournant le dos, sans avoir recours à leur proposition.
Finalement, ce groupe m'a bien plu et j'ai décidé de m'inscrire à Randouvèze mais pas avant la mi-a-oût !

Le chat noir de St Romain
(G. Soubrier)

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