La Montagne de Mare

 

Date :  23/10/2014 Difficulté :  Modérée
Accompagnateur : C. Ricard
Coordonnées UTM :
Participants :  32 Départ : 31T 0715365 4899162
Longueur : 13,9 km Pique Nique :
Dénivelée : 870 m Autres :
Carte IGN TOP 25 n° :  3240 OT / 3339 OT
Position par rapport à Buis-les-Baronnies : 48 km ESE

 

Commentaires techniques :

Départ sur le parking public au bas du village d'Eourres (05), traverser le village en montée, azimut 122°, puis suivre un sentier balisé en jaune, et des pictogrammes fantaisistes, mais avec un panneau directionnel : "Col de Verdun", azimut moyen 169°. Au col de verdun (31T 0716233 4897221) alt. 1314 m. Obliquer à gauche direction moyenne 60°, balisé en jaune (sans fantaisie !), suivre le balisage pour arriver au sommet de la montagne de Mare, borne géodésique, (31T 0716953 4897805) alt. 1603 m. ; ensuite redescendre sur la pelouse d'estive en longeant l'arête, azimut moyen E. pour atteindre le "Col St Pierre" (31T 0719808 4899169) alt. 1287 m.
Là changement de cap, suivre azimut moyen 274°, un large chemin forestier, puis, à hauteur du gîte d'étape "les Damians", un carrefour avec poteau directionnel, (31T 0716973 4899289), suivre la direction Eourres pour retrouver le point de départ.
C. Malbois

Compte-rendu :

Balade d'automne du côté d'Eourres, c'est le programme de ce jeudi dont Claude a organisé les détails. Nous prenons donc la direction des Baronnies orientales, là où se termine notre territoire dont le Jabron, affluent de la Durance, le Buëch et son affluent la Méouge, sont les frontières naturelles : plus précisément, c'est la Montagne de Mare que nous allons découvrir. Nous avons quitté la Drôme et sommes maintenant dans le Département des Hautes-Alpes où se trouvent environ un tiers des Baronnies. Nous ne sommes plus revenus dans ce secteur depuis notre visite à Lachau et la tour du Riable et la traditionnelle randonnée de printemps consacrée aux pivoines, non loin d'ici.
La petite route qui mène au village d'Eourres (970 mètres) serpente pendant quelques kilomètres avant de s'arrêter sur le petit parking où séjournent depuis très longtemps, semble-t-il, quelques véhicules pour le moins hétéroclites ! Le ton est donné et le panneau informatif qui se trouve là est sans équivoque : la route ne va pas plus loin, le visiteur est au bout du monde... Dans un autre monde, pourrait-on dire ! Eourres « Village d'alternatives », selon son propre slogan, n'est pas, en effet, n'importe quel village des Baronnies, c'est un peu comme le village gaulois d'Astérix, le dernier (ou le premier ?) d'un monde où l'on cultive un mode de vie proche de la nature, loin de la société de consommation qui est la nôtre. La traversée du village ne manque pas de surprendre, à commencer par ce tableau noir où les 140 habitants peuvent proposer des services en fonction des besoins, des savoirs, des opportunités de chacun... Un retour aux sources, une société où le troc est un principe de vie. Ce village eut les honneurs d'une émission de télévision, il y a quelques années (« Midi en France »).
Traversée d'un monde devenu maintenant insolite avant d'attaquer les pentes de la Montagne de Mare. Claude s'est adjoint les services d'un guide-aspirant, son petit-fils Marco, qui prend la tête... concurrencé par un beau chien blond qui nous tiendra compagnie pendant une bonne partie de la randonnée. Saluons aussi la présence de deux nouvelles marcheuses, Martine et Claudine. La montée vers le Col de Verdun, où s'effectuera un arrêt avant la grosse ascension vers le sommet de la montagne, est une occasion pour bénéficier de belles perspectives sur Eourres dominé par l'Eglise Saint-Etienne (et notre Etienne, où se trouve-t-il ?). Un fauteuil imposant, posé en haut du village, au bord du chemin, aurait pu en tenter certains désireux de méditer sur la beauté du paysage, mais nul n'a osé se laisser aller. De puissants « hi-han » éclatent soudain, réveillant la nature de sa torpeur matinale (il ne fait pas très chaud aujourd'hui !) : renseignement pris, la randonnée en montagne avec des ânes (prière de n'y voir aucune allusion aux Randouveziens !) est ici une activité proposée aux marcheurs et promeneurs par un élevage afin de leur permettre de profiter plus confortablement de l'environnement. Nous croiserons également de beaux chevaux qui, eux aussi, seraient ravis de nous transporter.
Au fur et à mesure de l'ascension, l'horizon s'élargit vers les sommets environnants : la Montagne du Pied du Mulet (c'est d'actualité), la Montagne du Riable. Lachau somnole au milieu de ses vertes et riches prairies... Le Col de Verdun (1320 mètres) sera vite atteint, malgré les aléas d'un sentier dont certains passages sont en mauvais état et où il faut enjamber les clôtures. Les amateurs de champignons font une partie du chemin courbés vers le sol : les grisets poussent ici à profusion, c'est une promesse de délicieuses poêlées pour ce soir. Une longue pause une fois arrivés au col permet une petite restauration, au cœur d'une clairière parsemée d'un tapis de champignons... Le pain d'épices « maison » de Claude a toujours le même succès : un régal ! Bon, vous vous êtes bien sustentés et reposés, amis Randouveziens ? Passons aux choses sérieuses.
Ce qui va suivre est un autre régal, la montée vers le sommet de la Montagne de Mare est en effet un morceau de bravoure qui va solliciter mollets et poumons sur un sentier peu visible et caillouteux, mais c'est là tout le plaisir de la randonnée en Baronnies. Marco grimpe les mains dans les poches ! Aucun égard pour les anciens courbés sur leurs bâtons... Sauf le temps d'un regard vers le sommet encore lointain. Une nouvelle (petite) pause pour nous regrouper avant l'escalade finale. Les parois de la montagne offrent leur profil où l'on peut distinguer, à bien y regarder, des visages humains. Et le panorama s'élargit encore un peu plus lorsque nous passons sur une étroite corniche d'où l'on voit jusqu'au Ventoux. A l'approche du sommet, le vent souffle en rafales bien froides : déjà la plupart d'entre nous avons pris la précaution de remettre nos blousons.
Nous y sommes ! A 1603 mètres d'altitude, sur 360°, ce sont presque toutes les Baronnies que nous embrassons du regard. Là-bas, le côté abrupt (celui que nous ne voyons jamais) de la Montagne de Chamouse est un repère pour nous orienter. Plus près de nous, la Montagne du Pied du Mulet. Et encore la longue Montagne de Lure, où nous étions encore il y a quelques semaines pour en découvrir les belles cabanes de pierre sèche. Tout au loin les massifs déjà enneigés, semble-t-il, pointent leurs sommets. Spectacle unique, sous la lumière capricieuse du soleil que masquent parfois les nuages, les pelouses sommitales de la Montagne de Mare qui ondulent en courbes opulentes et sensuelles. Jean en est tout ému, gageons qu'il saura une fois de plus en faire ressortir la beauté. Nous quittons ce promontoire exceptionnel pour nous abriter un peu plus loin du vent mordant. En nous retournant, une silhouette isolée se découpe au sommet : c'est Francis notre serre-file qui a dégusté seul le spectacle avant de rejoindre le groupe.
Mais n'est-il pas l'heure de penser au pique-nique ? Partons à la recherche du lieu qui saura nous protéger des rafales. Clément semble avoir sa petite idée. Nous progresserons ainsi en crête, montant et descendant au gré des ondulations du terrain et... Ô divine surprise ! Une brèche s'ouvre au milieu des rochers, formant un abri confortable où, bien assis au soleil, nous pourrons nous régaler face à la Montagne de Lure, prolongeant les crêtes du Ventoux, en « Cinémascope ». Détail précieux, une farandole de desserts terminera les agapes en douceur. La journée est déjà bien gagnée et ce qu'il reste à parcourir ne sera qu'un bonus !
Le redémarrage est un peu anarchique, avouons le, et chacun repart joyeux, nez au vent car il souffle toujours à peine sortis de notre abri. La descente dans la prairie, face à la Crête de l'Âne (nous ne pouvons pas y échapper aujourd'hui), est l'occasion de découvrir la belle vallée avant de rejoindre le sentier en sous-bois qui rejoint le Col Saint-Pierre (1288 mètres), au croisement des pistes qui mènent, d'un coté, à Rougnouse et, de l'autre, à Eourres et où passe le GRP de la Grande Traversée des Préalpes. Il ne reste plus qu'à rejoindre notre point de départ par cette large piste parallèle au Ravin de Ramayouse, au pied de la Montagne de chanteduc, d'où l'on aperçoit les hameaux des Damias et des Peyres. Comme souvent, sur ces chemins, la montagne usée par le temps fait découvrir le mille-feuilles allant du valanginien (- 130M années) au kimméridgien (- 145M années) témoignant de mouvements tectoniques complexes sur ce territoire des Préalpes Sud-Dauphinoises (pour les amateurs de géologie).
Eourres nous apparaît bientôt au bout de la piste nous plongeant à nouveau dans ce monde décalé proche de la nature et de la terre où, à l'initiative de quelques familles, le village qui ne comptait plus que 17 habitants en 1962 a connu un nouvel essor, au point de faire référence aujourd'hui comme modèle (utopique ?) de co-gestion. En tout cas, remercions Claude de nous avoir préparé cette belle randonnée qui nous a enchantés... Et si nous y revenions au printemps pour voir les pelouses de Mare devenues tapis de fleurs ?

G. Langlois

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