Col de Geine / La Bohémienne

 

Date : 20/11/2014 Difficulté : Modérée
Accompagnateur : G. Biojoux
Coordonnées UTM :
Participants :  47 Départ : 31T 0688513 4899400
Longueur :
16 km Pique Nique :
Dénivelée : 730 m Autres :
Carte IGN TOP 25 n° :  3140 ET / 3239 OT
Position par rapport à Buis-les-Baronnies :  17 km SE

 

Commentaires techniques :

Néant.

Compte-rendu :

Il semblerait qu'un besoin irrépressible d'activité ait saisi les Randouveziens ces tout derniers Jeudis d'automne : une fois encore nous frôlons les records d'affluence et 47 randonneurs sont au rendez-vous. Autre explication possible, Gérard a dû mobiliser son « fan-club » : qu'en dites-vous ? La petite route qui, après avoir traversé le village d'Aiguières, nous mène au Col de Geine n'a pas dû voir très souvent un tel convoi. Pourtant la fraîcheur du matin aurait pu en rebuter certains, d'autant plus que nous sommes déjà passés par là il y a quelques petites semaines... Non, tous sont vaillants.
Il est inhabituel que nos randonnées du jeudi commencent par une longue descente aussi, pour éviter la monotonie d'un chemin connu de la plupart d'entre nous, Gérard nous invite à prendre le circuit à rebours et descendre la piste qui conduit au hameau de La Gabelle, en longeant le pied de la Montagne de Geine. La petite route de l'Aramond en balcon au-dessus du ravin permet une belle perspective vers les montagnes de l'Ubac, de la Bohémienne et du Serre Gautier derrière lesquelles le Toulourenc prend sa source. Profitons-en pour un échauffement en douceur. La piste caillouteuse a été ravinée par les grosses pluies d'un automne humide qui tend à se prolonger un peu trop et rechigne à laisser place aux premiers froids. Encore une fois nous avons la chance de bénéficier aujourd'hui d'un beau soleil qui illumine les feuillages d'automne. Minuscule sur le flanc opposé du vallon, noyée dans la végétation, la petite chapelle de Vergol nous sert de point de repère vers lequel nous allons nous diriger.
Nous passons La Gabelle (655 mètres), petit hameau de quelques feux, au milieu de jolies prairies où perle la rosée. Le torrent qui descend de la Montagne de Banne par le Ravin des Enfers est abondant et fait entendre sa claire musique. Fin des prémices : c'est maintenant l'amorce d'une côte qui nous mènera pratiquement au sommet de la Montagne de la Bohémienne. Une petite route bitumée nous conduit au Col de l'Aiguillon-Saint-Claude (742 mètres), là où se trouve la petite chapelle de Vergol aperçue au cours de la descente. Le paysage a changé : tout au long de la montée, on peut observer des marnes valanginiennes caractéristiques de ce territoire, proche de Montbrun les Bains, qui fait l'objet de visites fréquentes des géologues venant y apprendre leur métier. Puis, plus haut, des couches sédimentaires alternant marnes et calcaires témoignent de la présence de l'océan sur toute la région alpine à l'ère secondaire.
Encore quelques centaines de mètres avant de retrouver une piste naturelle. La lumière de cette belle matinée enchante le paysage qui s'ouvre maintenant sur la Montagne de Geine. Une cueilleuse de champignons à l'allure exotique en ce lieu fait un bout de route avec nous. Puis commence la partie la plus sympathique de notre randonnée, un peu avant d'atteindre la ferme du producteur de fromages de chèvres local. Un chemin abrité en sous-bois qui débouche sur une large prairie puis se poursuit en étroit sentier par la Combe du Bohémien vers le sommet de la Bohémienne nous conduira jusqu'au lieu du pique-nique (déjà !). Un petit vent sournois vient fraîchir un peu l'atmosphère et il faudra trouver un abri : la nature qui ne manque pas d'être hospitalière à ses admirateurs randouveziens nous fournira ce lieu confortable au ras du sol, parmi les buis et les épineux, face au soleil... Nous sommes à 1000 mètres d'altitude, non loin du sommet et à quelques encablures du Col du Puits. Inutile de décrire les agapes, juste un mot de remerciement à l'adresse de la cafetière de Bernard : quel privilège en un lieu comme celui-ci de prendre un vrai café (avec chocolat et petits gâteaux) ! Avant de reprendre la route qui pourrait nous dire l'origine du nom de cette montagne ? De bohémienne (« boumiane » en provençal), nous n'en voyons point ici, Esméralda, où es-tu ?...
De notre promontoire, déjà se distinguent les marnes de Peyrebelle formant une imposante paroi en mille-feuilles. Nous les retrouverons plus bas, au col, après un nouveau passage en sous-bois d'où les fenêtres s'ouvrent de temps en temps sur ce spectacle majestueux. Notre attente ne sera pas déçue, même si pour certains c'est un lieu de passage régulièrement emprunté. Bernadette qui se sent ici comme un poisson dans la Mer de Téthys se régale d'images sur lesquelles elle ne manque pas de mettre une date approximative (à quelques millions près, 125 à 140 millions d'années, s'agissant de marnes valanginiennes). Le temps a sculpté la roche et les marnes pour nous offrir aujourd'hui ce témoignage, hors de nos références temporelles, sur la formation de nos montagnes des Baronnies. C'est un morceau d'éternité. Plus prosaïquement, des traces de peinture au sol témoignent du passage récent des champions de trail, se dirigeant vers Le Poët-en-Percip que l'on aperçoit là-bas : mariage improbable de l'éternité et de l'activité humaine ! Rien que pour ces images, notre randonnée est une magnifique sortie. Et ce n'est pas fini !
A l'élément minéral se mêle bientôt l'élément aquatique en suivant le ruisseau des Guiberts que nous atteignons un peu plus loin. Le sentier agréable mais glissant va nous conduire jusqu'au croisement d'où l'escalade vers le Col de la Jas (1099 mètres) va débuter, difficulté majeure de la journée... Il en faut bien une ! Ce sentier est raviné lui aussi par les pluies de ces dernières semaines. Il serpente en petits lacets au départ et, pour ceux qui veulent bien prendre le temps d'un regard derrière eux, il permet de découvrir de belles perspectives sur la vallée du Poët-en-Percip. La Montagne de Banne, à droite, veille sur le groupe, ou plutôt sur la file éparpillée au gré de l'allure de chacun. Il est vrai que l'effort est intense ! Bientôt, nous atteindrons l'espace couvert de belles prairies en-dessous du col, où le chemin se fait plus large. La silhouette des premiers à parvenir au sommet se découpe tout là haut sur le ciel.
Il faudra bien un temps de pause suffisant, près de la bergerie, pour assurer le regroupement, se rafraîchir et profiter du point de vue. Un couple de promeneurs s'enquiert de la présence de campanules fleuries, chose rare en cette saison, qui auraient été aperçues dans ce secteur... Jean les avait, en effet, photographiées un peu plus loin, au cours de la reconnaissance, et nous les reverrons (les campanules) au bord de la piste qui nous ramène au Col de Geine. Quelle saison curieuse, la nature désorientée nous réserve bien des surprises ! De la Montagne de Banne, au-dessus de nous, de nombreuses sources font entendre leur chant, dévalant en flots abondant vers le Ravin des Enfers. Manon, où es-tu ? C'est avec ce fond musical, les pieds dans l'eau, que nous rejoindrons le point de départ, après avoir passé le hameau des Flaux.
Nous aurons ainsi passé encore une fois une belle journée, sans une goutte de pluie ! Faut-il en remercier Gérard ou les Dieux de la météo ? En tout cas, nous pouvons remercier Gérard pour ce circuit agréable et instructif qu'il a mené, comme à son habitude, avec souplesse et autorité. Tiens, je m'aperçois que, pas une fois, je n'ai cité le Mont-Ventoux et pourtant il est bien là et nous l'apercevons qui nous surveille (ou nous protège ?) au moment de reprendre les voitures. Je suis sûr que bientôt nous irons lui refaire une petite visite. En attendant, je vous invite à regarder le diaporama (en plein écran) en écoutant le quintet pour clarinette de Mozart que Jean nous a suggéré de mettre en fond musical afin de vous remémorer cette belle journée.


G. Langlois.

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