Les Crêtes des Ruelles

 

Date : 08/05/2014
Difficulté :  Difficile
Accompagnateur : V. Cortes
Coordonnées UTM :
Participants : 15
Départ : 31T 0689378 4928627
Longueur :  13,6 km Pique Nique :
Dénivelée :  920 m Autres :
Carte IGN TOP 25 n° : 3138 OT et 3238 OT
Position par rapport à Buis-les-Baronnies :  48 km N

 

Commentaires techniques :

Le départ se fait à partir du parking de la place des Ecoles à la Motte Chalencon (31T 0689378 4928627) direction NE. Après quelques mètres prendre à droite (SE 31T 0689407 4928696) un chemin herbeux balisé en jaune. Le suivre et atteindre un chemin carrossable (31T 0689745 4928953). Prendre à gauche plein Nord jusqu'à une route goudronnée. Prendre à droite, suivre la route, passer entre deux maisons et dans le virage au point 31T 689842 4928997, emprunter à gauche un petit sentier qui mène à l'altiport (31T 0690472 4929446). Prendre à droite plein Est un bon chemin carrossable, passer à gauche d'un petit lac (31T 691382 4929694) et rejoindre Gaudissart (31T 0691678 4930219). Prendre à droite NE un chemin très raide jusqu'au Col de la Maure (31T 692384 4930427). Prendre à gauche NO et suivre les crêtes jusqu'au sommet à 1399 m (31T 0691650 4931148). Entamer la descente en suivant toujours les crêtes plein Ouest jusqu'au Pas du Pousterlou (31T 0690533 4931046), prendre à gauche jusqu'au Rocher Barlet (31T 0690732 4930722) et à gauche encore jusqu'au point 31T 0691253 4930518 où il faut prendre à droite un bon sentier qui ramène à l'altiport. Faire en sens inverse le sentier du départ.

Viviane Cortes

Compte-rendu :

 

C'est un départ bien matinal que nous a proposé Viviane aujourd'hui : la Place du Quinconce est, du reste, bien déserte et nous ne traînerons pas à monter dans nos véhicules car le vent est froid et les Randouvéziens ont dû réserver leur journée pour la commémoration de l'armistice du 8 Mai 1945 ! Col d'Ey, Sainte-Jalle (Bonjour Annie !), Sahune, Rémuzat, La Motte-Chalancon, tout le monde descend, bonjour aux Vauclusiens : nous serons seulement 15 au départ. La lumière d'un beau ciel pur caresse le paysage, c'est de bon augure pour notre ascension vers les Crêtes des Ruelles.
Le sentier que nous prenons, encore humide de la fraîcheur de la nuit, est bien sympathique, bucolique à souhait : les clarines d'un troupeau (de vaches) proche de nous donnent un petit air savoyard à cette vallée verdoyante. Il est vrai que la végétation n'est déjà plus celle des Baronnies des alentours du Buis. Les orchidées sauvages (Orchis maculata, vraisemblablement), nombreuses cette année dans les Baronnies, ponctuent le chemin encaissé. Une trouée dans les arbres permet d'apercevoir la silhouette caractéristique de l'église du village de La Motte dont les transformations du XIIème au XXème siècles ne manquent pas d'interroger les curieux. Les guerres de religion, notamment, lui auront fait subir quelques affres, au temps où le terrible Dupuy-Montbrun terrorisait la région : ne fit-il pas exécuter les hommes et de nombreux enfants du village en 1575, ce qui permit à ses sbires d'épouser les veuves et les filles des malheureuses victimes.
Quelques foulées sur le bitume au bout du sentier et c'est le début de l'ascension dont Gérard nous prévient qu'elle sera musclée. Et c'est bien vrai, ça, aurait dit la Mère Denis qui, sans être randouvézienne, ne manquait pas de pertinence. Les fleurs printanières agrémentent la montée et occupent nos yeux et nos pensée : globulaires, fleurs de lin au bleu profond, genêts... Quel dommage que notre botaniste expert ne nous ait pas accompagnés. Il pourra, en regardant les belles photos que Chantal aura réalisées, nous éclairer une prochaine fois sur ce que nous aurons ainsi découvert. Au loin, un peu plus haut vers le Nord, le village de Chalancon, au-dessous de la Montagne de l'Eyriau, semble veiller sur cette large cuvette et marque le passage entre Baronnies et Diois. Ce village fut emporté au XVIIIème siècle par un pan de la montagne.
Changement d'époque ! Après avoir franchi une barrière métallique rutilante et extensible, merveille de l'intelligence humaine que ne manquent pas d'admirer les spécialistes, nous arrivons sur un vaste espace couvert de plants de lavande et de prairies qui accueille également un altiport où viennent se poser puis redécoller de petits avions de tourisme : spectacle garanti pour les grands enfants que nous sommes encore (« Je m'en vais l'dimanche à... La Motte. Sur l'aéroport on voit s'envoler des avions pour tous les pays... », que Bécaud pardonne ce mauvais plagiat). Francis, notre serre-file, s'étonne de l'absence de « biroute », ce n'est pas normal !
Et, puisque nous sommes en train d'explorer tous les éléments naturels, dirigeons nous vers le lac que nous ont annoncé nos guides : une halte y est prévue. Nous découvrons en effet un plan d'eau, bordé d'arbres et de plantes aquatiques : sans doute Clément aura-t-il eu un coup de nostalgie sur les rives de cette grande mare (les enfants que nous sommes, disions-nous plus haut, y auront vu un océan rescapé de la Mer de Téthys qui recouvrait jadis les Baronnies). Ne manquait dans le tableau que Bernadette, entonnant l'une de ses chansons de marins.
Poursuivons, car la route est encore longue et pentue... La Chau (820 mètres)... Gaudissart (970 mètres)... La piste continue de grimper régulièrement, jusqu'à se transformer en un chemin encaissé, creusé par les pluies, malaisé avec ses bordures en dévers. Il faut déjà puiser dans nos ressources pour avancer, avant de commencer à apercevoir les Crêtes des Ruelles. Bien évidemment, quelques pauses pour souffler seront nécessaires, mais le train ne faiblit pas.
L'arrivée sur la cime est un émerveillement pour le regard car, perchés sur les rochers, nous pouvons apercevoir le spectacle des Baronnies dans toute leur splendeur, de tous côtés. Les sommets enneigés du Dévoluy brillent par delà les montagnes baronniardes. Pour Virginie, ce sont même quelques pics italiens qui apparaissent au loin. Mais il ne faut pas s'enivrer trop vite de ces images, il reste à parcourir ces crêtes dont le sol rocailleux nécessite un peu de prudence et d'adresse. Le groupe prend donc la trace de Viviane et Gérard avec une vaillance qui n'a d'égal que la faim qui commence à se faire sentir. La difficulté est réelle, mais quel plaisir de se dépenser au cœur d'un si bel environnement ! Même le Ventoux nous fait des clins d'œil, tout là-bas. Là-encore, Chantal peut se régaler à photographier non seulement le paysage somptueux mais aussi nombre de fleurs des montagnes que nous redécouvrons au fil de nos pas... valériane, tulipes sauvages et tant d'autres moins connues... Chamouse en serait jalouse !
Inutile de dire que, parvenus au sommet, la pause du midi sera la bienvenue, là-haut, à plus de 1400 mètres, sur une prairie accueillante d'où Angèle, un peu osée, nous montre sa face arrière. Un vautour viendra guetter nos agapes en tournoyant au-dessus de nos têtes. N'ayant plus qu'à redescendre, après déjeuner, nous prendrons un repos bien mérité, le temps de conversations bien sérieuses sur les avantages respectifs des lignes de RER. Même Francis et Gérard sont à plein dans une discussion apparemment très technique sur le montage des tentes de camping... Une question de mât, vraisemblablement ? Aussi, convient-il de mettre un terme à de tels échanges trop savants pour redescendre vers La Motte-Chalancon.
Une loi physique toute simple démontre que pour revenir à son point de départ il faut effectuer absolument la même dénivelée au retour qu'à l'aller, la descente est donc bien pentue. Les bâtons en guise de freins seront utiles. Cela n'empêche pas les conversations et de s'extasier encore sur le paysage. Nous découvrons aussi de belles fleurs d'un bleu profond qui seraient (à valider par notre botaniste) des gentianes de Koch. Avant de parvenir au Pas du Pousterlou (1180 mètres), de beaux et solides rochers surplombent de leur masse, tels des « Legos » géants, la piste que nous allons reprendre. Vus d'en bas, ils présentent de curieux profils où l'on pourrait distinguer peut-être quelques faciès humains dignes de Picasso.
Passons le Rocher Barlet (1116 mètres), continuons la descente qui nous mène à nouveau dans les champs de lavande sagement ordonnés. Tiens donc, nous repérons enfin la « biroute » dont Francis ne comprenait pas qu'elle fût absente. Au-dessus de nos têtes, dans un ciel maintenant assombri, le ballet des avions de tourisme mobilise encore notre attention, à défaut des vautours restés au calme à Rémuzat ou Saint-May. Pour ne pas en rater une miette, nous faisons même une halte prolongée au point où ce matin nous nous étions arrêtés près de la piste.
Et voilà, la boucle est presque bouclée, nous allons rejoindre nos voitures près de l'ancienne gendarmerie. Bien entendu, nous ne saurions nous quitter sans un rafraîchissement mérité : ce sera chose faite à Saint-May , au bord de l'Eygues. Un grand merci à Viviane et Gérard qui ont préparé ce beau parcours et guidé un groupe vaillant qui aura absorbé une dénivelée de plus de 900 mètres.

G. Langlois.

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