Tour de l'Eyguemarse

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Date : 20/02/14 Difficulté : Difficile
Accompagnateur : J. P. Blanchet
Coordonnées UTM :
Participants : 29 Départ : 31T 0674883 4906437
Longueur : 25 km Pique Nique :
Dénivelée : 1300 m Autres :
Carte IGN TOP 25 n° : 3139 OT
Position par rapport à Buis-les-Baronnies : 12,5 km NNO

 

Commentaires techniques :

Néant.

Compte-rendu :

Habitué des belles et longues randonnées, Jean-Pierre propose aujourd'hui le tour de l'Ayguemarse (ou Eyguemarse), au départ de Bénivay-Ollon. Comme Churchill promettait à ses compatriotes du sang de la sueur et des larmes (« blood, sweat and tears »), Jean-Pierre ne nous promet que de beaux efforts ! Et pourtant, du sang, il y en eut... quelques gouttes, de la sueur, il y en eut... quelques litres, des larmes... je n'en vis point, mais une belle énergie déployée par les 29 marcheurs présents ce matin. En raccourci, ce fut une très belle et longue journée... Merci à notre guide... C'est tout ?... « Ah ! Non ! C'est un peu court jeune homme ! On pouvait dire... Oh ! Dieu !... bien des choses en somme... »
Oui, c'est vrai, le territoire que nous explorons en cette journée d'hiver déguisée en printemps mérite sans doute quelques phrases de plus. Et bien, soit !

Emphatique ! C'est un petit paradis sur terre que nous allons explorer! Ce n'est pas le Jardin d'Eden, certes, mais un beau verger où vont bientôt fleurir amandiers, abricotiers, cerisiers grâce aux caprices d'un printemps (trop) précoce. Le soleil sera de la partie et éclairera notre divin périple de ses feux. Quelques fleurs aussi commencent à pointer discrètement.
Militaire ! Point de temps à perdre, partons à l'assaut de ces montagnes qui nous cernent et nous défient ! L'Ayguemarse déroule son cours au fond d'une vallée encaissée, cernée de sommets dont les noms sont familiers aux Randouveziens. Le train est soutenu, l'avant-garde est vaillante. Et pendant toute la journée il en sera ainsi. Montées et descentes alterneront sur les crêtes, les pistes et sentiers.

Descriptif ! Les sentiers que nous emprunterons tout au long de la journée sont de véritables balcons d'où le spectacle est toujours somptueux sur les cimes alentour, la vallée où coulent les ruisseaux abondants, la Chapelle Saint-Jean en apparence inaccessible sur son rocher... L'œil est toujours en alerte, sollicité par tant de beauté. Après avoir passé le Col de la Croix (781 mètres), nous aurons ainsi en perspective imposante la Montagne d'Angèle qui, peu à peu, voit fondre son manteau d'hiver. De l'autre versant de la vallée, c'est le Mont Ventoux dont le spectacle est toujours splendide. Nous aurons même, en fin d'après-midi, à l'heure où changent les lumières, une vue panoramique du Ventoux au Saint-Julien éblouissante de contrastes.

Curieux ! L'histoire géologique complexe des Baronnies a laissé ici une empreinte originale dont nous découvrons les traces sur les pas de notre guide. Ainsi, au cours de la première montée, un arrêt rapide nous permet de regarder les derniers vestiges d'une ancienne mine de plomb (La Déroute) : des rails d'acier émergent encore au milieu des marnes oxfordiennes si caractéristiques, ondulantes, de Bénivay et Beauvoisin (La Valouze). En fin de journée, nos pas nous conduiront au Col des Mines où, semble-t-il, auraient pu être exploités d'autres gisements. Il y eut dans la région quelques gisements de plomb argentifère, de pyrites, de zinc, notamment, mais nul ne fit jamais fortune dans cette activité. Dans le même registre, Propiac, en face de nous, avec son grand hôtel surprenant dans ce site, fut aussi une station thermale jusqu'en 1990 : le sous-sol riche en sels minéraux, résultant du diapir (tu as vu, Henry ? j'ai placé le mot !), semble être à l'origine de cette activité.

Respectueux ! La petite Chapelle Saint-Jean au milieu de cet environnement de verdure semble inaccessible : combien d'efforts ont-ils été déployés par nos ancêtres pour ériger cet édifice à la gloire du Créateur d'un univers aussi remarquable et pourtant très dur pour eux ? Nous verrons cette chapelle sous différents angles tout au long de notre parcours. Certains parmi nous eurent le privilège de la découvrir de plus près lors d'une récente randonnée organisée par Clément.
Admiratif ! Au Col de la Croix, c'est une large perspective sur les sommets des Baronnies que nous embrassons. Leurs noms chantent aux oreilles des Randouvéziens : proches de nous la Baume Noire et Milmandre, Peitieux, Gros Moure, Garde Grosse et quelques autres ; plus loin mais bien visibles, nos vigies majestueuses, encore enneigées, que sont le Ventoux et Angèle.

Lyrique ! Le chant des eaux vives de l'Ayguemarse et des ruisseaux devenus torrents se fait entendre lorsque nous redescendons des crêtes pour changer de versant afin de rejoindre le Col de Vote. D'un promontoire étroit, les plus hardis pourront prendre des photos en écoutant la musique d'une cascade. Un peu plus loin, après une descente abrupte, le groupe devra traverser ce torrent dont l'eau transparente a creusé la roche au fil du temps, formant des baignoires où l'on aimerait se plonger (pour les plus courageux !).

Prévenant ! Le passage d'un cours d'eau est toujours un spectacle à bien observer, comme aux courses on scrute la rivière des tribunes : il faudra noter la grande courtoisie avec laquelle Jean-Pierre et quelques autres éléments masculins firent sauter le torrent à nos dames !

Pratique ! Mais n'est-il pas temps de clore là un propos déjà un peu long ?... Que nenni, vous oubliez le moment essentiel de notre pique-nique : rien à dire, le Col de Vote nous fournit un lieu agréable, ensoleillé où il faisait bon se prélasser en profitant des douceurs du jour.
Amical ! Tout s'est donc bien passé ?... Oui, presque tout si l'on exclut un petit supplément au programme bien involontaire, faute d'avoir repéré suffisamment tôt l'endroit d'où nous aurions dû prendre le chemin de Bénivay, par le Col des Mines... introuvable. Mais à mauvaise fortune bon cœur, cette péripétie fut prise avec philosophie par un groupe bien heureux de retrouver le parking après une belle sortie de 25 kilomètres.

Gracieux ! Merci Jean-Pierre, nous allons passer une nuit de bébés après cette belle aventure (... après un bon demi aux terrasses du Buis). Devant le compliment, « il en rougit, le traître ! »

G. Langlois.
 

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