Les Dentelles de Montmirail par Gigondas

 

Date : 08/01/2015
Difficulté : Modérée
Accompagnateur :  G. Thouard
Coordonnées UTM :
Participants : 45
Départ :

31T 0660335 4892215

Longueur : 15,8 km Pique Nique :
Dénivelée : 980 m Autres :
Carte IGN TOP 25 n° :  3040 ET
Position par rapport à Buis-les-Baronnies : 36 km OSO

 

Commentaires techniques :

Départ du parking de la salle des fêtes de Gigondas; prendre le GRP Tour des Dentelles de Montmirail ; traverser la D229 au point 31T 661046 4892317 et continuer sur le GRP azimut NE puis ENE.
Des chasseurs nous informent d'une battue importante en cours sur la Grande Montagne qui est précisément l'itinéraire prévu. A la suite d'échanges cordiaux, nous décidons de modifier notre itinéraire au Pas de l'Aigle (31T 663792 4893639).
Nous descendons le Vallat de Fenouillet en direction de la ferme Cassan. Avant la ferme (point 31T 663474 4891633) prendre à droite un chemin le long d'une vigne, qui s'engage en montée dans les bois en direction du pied Estdes Dentelles Sarrasines.
Suivre le sentier balisé par points bleus dans les rochers. Nous quittons ce sentier au point 31T 661808 4891094 pour « plonger » vers le Vallat de l'Aiguille, et continuer jusqu'au col d'Alsau.
Suivre la piste balisée jusqu'au col de Cayron, et prendre la direction indiquée Gigondas. Au point 31T 661422 4891643, descendre à gauche en suivant le sentier balisé « points bleus » jusqu'à retrouver le GRP et continuer par la même piste qu'à l'aller jusqu'au parking.

G. Thouard

Compte-rendu :

Le givre matinal n’aura pas stoppé l’élan des Randouvéziens impatients de remettre en marche leurs muscles engourdis par deux semaines d’inactivité et, pour certains peut-être, quelques excès de table quasi-incontournables pendant la période des fêtes. Les retrouvailles sont toujours empreintes de beaucoup d’amitié voire d’affection et les vœux de bonne année sont les premiers mots échangés, bien que les esprits soient marqués par les évènements de la veille, le monstrueux et abject massacre de Charlie Hebdo : ce matin, ce sont 44 Charlie qui vont s’attaquer aux sentiers des Dentelles de Montmirail pour une randonnée de remise en jambes au profil très modéré préparée par Georges, au départ de Gigondas.
Attaquons le GRP du Tour des Dentelles de Montmirail qui monte immédiatement à l’entrée du village, réputé pour son terroir et ses grands crus. Très vite, le premier kilomètre jusqu’à la route des Florets est effacé par des marcheurs avides de sensations. Les échanges sont tout aussi nourris… Allons-y vaillamment, jusqu’à ce que nous ne soyons rejoints par le 4X4 d’un chasseur qui nous informe que nous nous dirigeons droit sur une zone où se déroule ce matin une importante battue au gros gibier. Georges, avec la courtoisie et la diplomatie qui le caractérisent, écoute les remarques de son interlocuteur :
« Savez-vous que vous êtes en pleine zone de chasse ? Deux battues sont organisées aujourd’hui !
Ah ! Nous n’avons pas vu de panneau nous le signalant en prenant cette piste, ni au village, ni sur la route que nous venons de traverser.
Pourtant j’en ai mis un devant chez moi ! (sic !... Où habite-t-il ?)
Nous nous trouvons sur un sentier balisé GRP, ouvert à tous, n’est-ce-pas ?
Oui mais le terrain appartient forcément à un propriétaire (re-sic !… et les sentiers communaux ?)… et nous avons un garde fédéral avec nous ! »
…… et ainsi de suite !
Notre balade semble bien compromise dans sa configuration initiale ! En ronchonnant un peu, nous continuons néanmoins sur le GRP… Les chasseurs sont à l’affût sur le versant de la montagne et nous rencontrons plusieurs d’entre eux positionnés sur le chemin avec lesquels nous échangeons quelques mots car la cohabitation doit demeurer cordiale. Après avoir laissé le GRP à notre gauche, nous irons ainsi jusqu’au Pas de l’Aigle.
Pendant que la troupe s’accorde un peu de repos au soleil bienfaisant, se réconfortant de sucreries caloriques, notre guide, carte et boussole en mains, examine différentes hypothèses et décide de contourner la zone de battue en escaladant les Dentelles Sarrazines plutôt que de suivre l’itinéraire prévu, sur la Grande Montagne, dans la zone dangereuse. Cette option raisonnable pour notre sécurité a l’inconvénient de rallonger quelque peu la distance à parcourir et d’augmenter la dénivelée. Devant nous se profile la muraille à franchir : au diable l’avarice ! Dirigeons-nous vers la Ferme de Cassan par le Vallat de Fenouillet. Au carrefour avec la piste menant au Col de Cayron, ceux d’entre-nous qui le souhaitent peuvent prendre l’option de se rendre directement à ce col… « A tout à l’heure, Alain ! »… Sagement, notre ami fera ce choix et nous le retrouverons plus tard dans l’après-midi, faisant patiemment les cent pas à nous attendre.
A proximité de la Ferme de Cassan, quittant la petite route, nous allons entamer cette belle montée sur un sentier étroit et caillouteux. A midi, le groupe fait une halte pour rendre hommage aux victimes de l’attentat de Charlie Hebdo… L’escalade reprend, les mollets sont très sollicités… Chacun y va à son tempo. Quelques arrêts pour profiter de la vue sur la Grande Montagne. Les marches sont hautes quand nous approchons du sommet, mais ce bel effort semble apprécié. A peine les premiers franchissent-ils le col que la Patrouille de France surgit au-dessus des têtes : Georges aurait-il préparé cet hommage à notre performance ? L’escadrille va nous accompagner pendant de longues minutes, passant à plusieurs reprises dans le ciel d’azur : quel spectacle ! Les « chevaliers du ciel » semblent apprécier les vieilles dentelles.
Progressons encore dans les buis, au pied des rochers blancs éclatants au sommet desquels nous observent de noires corneilles. Une dernière petite escalade avant de nous installer face à la plaine du Comtat, au soleil, pour déguster notre premier pique-nique de l’an nouveau… Si l’actualité n’était pas aussi triste, ce serait un bonheur (presque) parfait. Le vent qui nous avait épargnés jusqu’à maintenant semble vouloir nous faire signe que la pause est terminée : reprenons nos sacs allégés par nos agapes et continuons le chemin qui va longer le bas de la paroi verticale. Le sentier y est étroit et malaisé car il faut alors escalader, enjamber ces grosses pierres, mais l’exercice fait oublier que nous ratons l’heure de la sieste… Et le décor est superbe, nous dominons la plaine avec un petit sentiment de supériorité à l’égard de ceux qui, en bas, ne peuvent profiter de cet horizon.
Attention, le quart d’heure de rêverie romantique s’achève : Clément ayant pris la tête du groupe entame une descente sur un sentier qui, peu à peu, s’estompe et disparaît dans les broussailles. Sauve qui peut !
« Clément, où es-tu ?... Je suis là !... Où cela ?... Devant toi !...»
La voix chantante de Gaston nous guide dans ce dédale broussailleux où nous nous accrochons aux branches pour éviter les glissades sur les cailloux qui roulent sous la chaussure… « Aïe, aïe, je me suis rattrapé sur un genêt scorpion ! »… Nous nous retrouverons, enfin, après de longues minutes d’un exercice auquel les chèvres et les sangliers sont plus adroits que nous, sur le haut du talus qui borde la piste menant au Col d’Alsau… Dernier obstacle à franchir car les engins ont raboté la piste : « Allez, va jusqu’au bout ! Accroche-toi à la branche !... » nous conseille Gaston. Comme souvent dans ce genre d’exercice, le style importe peu. Il y aura sûrement, ce soir, quelques fessiers endoloris voire bleuis : « Bonne soirée ! N’oubliez-pas la pommade à l’arnica ». Mais tout le monde est passé en atterrissant parfois de façon acrobatique. L’arrière-garde du groupe aura eu la pertinence de faire cette descente un peu plus loin, ce qui lui évitera cette petite galère qui aura pimenté notre randonnée-surprise.
Un peu plus bas sur la piste, le regroupement va s’opérer. Cet arrêt permet d’admirer la belle paroi faite de couches rocheuses alternant avec des marnes, dressée à la verticale, qui montre une fois de plus la complexité des mouvements tectoniques de ce bel ensemble géologique que sont les Dentelles de Montmirail. C’est là que nous croisons à nouveau notre interlocuteur de ce matin qui nous félicite de notre choix d’itinéraire, nous n’en attendions pas moins. Au Col d’Alsau, une pause sur le muret au soleil, avant d’attaquer la dernière partie de la randonnée, semble bien accueillie de tous. Pas trop longtemps quand même car j’en connais un qui va s’impatienter. Et nous irons ainsi, sans autre péripétie, jusqu’au Col de Cayron où Alain qui fut d’une patience admirable nous attend faisant les cent pas sur le sol gelé… Pardonne-nous ce retard.
Le reste du trajet ne sera qu’une aimable déambulation sans autre surprise jusqu’à la route des Florets, mais reconnaissez que pour une première de l’année 2015 nous n’avons pas manqué d’animation. Remercions en Georges qui sut faire face aux imprévus avec flegme et perspicacité… Bilan pour cette petite remise en condition : près de 16 km pour une dénivelée de 980 mètres (au lieu de 11 km et 400 mètres). Selon le vieil adage, « quand on aime on ne compte pas ! ». Les Buxois vont aller arroser çà chez Mouss, « à la santé de l’an nouveau des Randouvéziens ».


G. Langlois

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