Col de Soubeyrand

 

Date : 09/04/2015  Difficulté :  Difficile
Accompagnateur : C. Ricard  Coordonnées UTM :
Participants :  29 Départ : 31T 0687391 4914528 
Longueur : 15,8 km Pique Nique :
Dénivelée : 990 m Autres :
Carte IGN TOP 25 n° :  3139 OT
Position par rapport à Buis-les-Baronnies :  21 km NNE

 

Commentaires techniques :

Départ de la petite aire de pique-nique située au bord de la D162, juste avant le Pont des Hoirs (31T 0687391 4914528). Nous traversons Tarendol, suivons le GRP Tour des Baronnies qui quitte la D568A avant le Poët Sigillat au point 31T 0684730 4915338.

Au point CS1 (31T 0686232 4915680) tourner azimut N pour suivre la piste entre les champs de lavande et au Plan d’Aubre prendre ESE pour contourner par le sud le Charamelet et descendre jusqu’au col de Soubeyrand.

Nous traversons la D162 pour prendre en face une piste orientée ESE.

A partir du point CS2 (31T 0687782 4915728), Claude nous guide sur un tracé plus long que l’itinéraire PR 56A de 10 km, qui redescend directement sur Tarendol.

Nous montons vers la crête de Casset, en suivant scrupuleusement les points repérés CS3 et CS4.

Au point CS4 (31T 0687943 4915765), nous traversons des lavandes pour entrer dans le bois au point CS5, où l’on trouve du balisage équestre ancien. En suivant le chemin NE puis Sud, nous atteignons le sommet de Casset (pause déjeuner).

La descente commence en zigzaguant dans les buissons en gros direction SE, puis le sentier se forme progressivement, s’orientant sud pour atteindre le col de la Croix, point CS6 (31T 0689223 4914479). Le chemin devient piste et retrouve le GRP Tour des Baronnies au point CS7.

Au point CS8, nous retrouvons la piste du tracé actuel PR 56A. Nous continuons le GRP le long du ruisseau Charan, au nord du site d’escalade de Bellecombe.

Le GRP emprunte la D162 au nord de Bellecombe, que nous suivons jusqu’au parking.

Indice d’effort calculé sur le site de la FFRP : IBP = 85 HKG ce qui qualifie la randonnée comme « difficile » pour une préparation physique moyenne, et « facile » pour une haute préparation physique…

Merci à Claude pour sa fine connaissance des lieux, dont il nous a fait profiter en cette très belle journée.

Georges Thouard

Compte-rendu :

 Du petit village de Tarendol, 29 marcheurs vont aller explorer un territoire typique des Baronnies. Claude les emmènera sur des sentiers qu’il connaît comme sa poche (encore faudrait-il savoir ce qu’il peut cacher dans ses poches ?). Nous allons donc le suivre, non pas aveuglément car nous pourrions perdre le plaisir que nous avons à randonner dans de si beaux paysages… et nous casser la figure car la balade sera plutôt sportive. Le printemps est bien là, l’entrée du village est fleurie de beaux iris d’un bleu profond Bien évidemment, chaque fois que nous passons devant le petit cimetière de Tarendol, nous avons une pensée pour notre écrivain local, René Barjavel, qui y repose depuis 1985.
Pour ceux qui voudraient suivre l’itinéraire pas à pas, je les renvoie vers le compte-rendu technique que Georges a bien voulu rédiger de façon très précise : ceux qui se perdront sur cette boucle, document en main, ne pourront que s’en prendre à eux-mêmes. Cette sortie nous fera (re)découvrir les Baronnies telles que nous les aimons, dans leur diversité et leur complexité, dans leur beauté et leur austérité, dans leur douceur et leur dureté. Il nous faut bien un guide comme Claude pour en explorer les recoins.
Avant même l’entrée du village, le visiteur découvre un des paysages baronniens les plus caractéristiques avec les marnes d’un bleu si sombre que l’on pourrait y voir une parenté avec les terrils de nos amis nordistes. Les « terres noires » sont constituées des sédiments que la mer de Téthys qui recouvrait les Alpes a laissé se déposer au fond de la fosse vocontienne, profonde de 4000 mètres, à l’ère secondaire (jurassique supérieur). Riches en fossiles, elles offrent une des images les plus authentiques des Baronnies. Les arbres ont recouvert le sommet et adoucissent le tableau. Cette végétation a peu à peu fait disparaître la petite église Saint-Etienne qui trônait sur le sommet.
Le secteur recèle aussi de très beaux villages, cartes postales que nous envient les horsains : Tarendol en fait partie et, un peu plus loin sur la piste, nous profiterons d’une vue superbe sur Le Poët-Sigillat que nous avons eu l’occasion de visiter lors de randonnées précédentes. Le vieux village, tout en longueur sur son éperon rocheux domine la vallée de l’Ennuye et offre une vue splendide sur cette riche cuvette de Sainte-Jalle et le Mont-Ventoux (le nom «Poët» vient du latin «podium» que l’on retrouve dans le nom de plusieurs villages perchés). La lumière du matin caresse la pierre et donnerait envie de traîner un peu pour s’imprégner de l’ambiance sereine du lieu. Ce sera pour une autre fois !
Les Baronnies sont un territoire sportif qu’il faut savoir explorer avec de bonnes jambes pour en découvrir les richesses et les subtilités. Claude nous a préparé aujourd’hui un parcours complet. Du sport, il y en aura avec les ascensions vers le Col de Soubeyrand puis la montée au Casset : une dénivelée de 990 mètres aura bien sollicité les mollets des Randouveziens au cours de cette belle journée. Le terrain varié permet tous les plaisirs : pistes naturelles, sentiers caillouteux, chemins ravinés… Nous aurons épuisé les calories absorbées par l’abus de pâtes de fruits et du pain d’épices de Claude (à damner les plus sages d’entre nous !) sur le sentier de chèvres qui nous mènera à la crête du Casset. Les dernières dizaines de mètres furent un peu rudes… Mais le spectacle au sommet, à 360°, vers le Ventoux ou les parois de Remuzat, ou plus loin vers les sommets encore enneigés du Champsaur, aura effacé la fatigue.
Nonobstant la difficulté relative de l’ascension, la partie non balisée, au-delà du Col de Soubeyrand, moins connue sans doute (il faut savoir en trouver l’accès) est un plaisir dont il faut se régaler, cheminant au milieu d’une végétation dense ou les fleurs du printemps s’épanouissent en toute quiétude. C’est un beau contraste après avoir traversé les champs de lavandes au rangs sagement alignés épousant les courbes du terrain aux couleurs rouges ou ocres… Et tout là-haut l’herbe épaisse encore couchée par les neiges abondantes de l’hiver nous offrira un matelas moelleux pour la pause du déjeuner.
Le retour s’effectuera encore sur des sentiers à peine visibles que seul l’œil averti de notre guide et de Marco, son infatigable éclaireur, saura nous indiquer. Sous les pins formant un abri sommaire mais suffisant, des chamois ont laissé leur empreinte à l’endroit où ils se sont couchés au milieu des épines. Toute la descente jusqu’au Col de la Croix se fera ainsi, dans les taillis et les sous-bois, serpentant parmi buis et genévriers. Peu après le col, nous retrouvons la « grande route » bien balisée du Gr de Pays du Tour des Baronnies… Un arrêt auprès d’une source où chacun se réapprovisionne en eau, car il a fait chaud aujourd’hui. Une nouvelle curiosité arrêtera le groupe, un peu plus bas : les Rochers de l’Aiglier, impressionnants avec ces dalles verticales où viennent s’entraîner les adeptes de l’escalade. C’est un nouveau témoignage spectaculaire de l’histoire géologique des Baronnies où l’on peut lire in vivo comment l’écorce terrestre a bougé et la façon dont les océans et les glaciers ont usé ces hautes parois alors submergées.
La piste nous ramènera sur la route qui mène au village de Tarendol. Au passage, un regard vers le hameau de Bellecombe qui semble écrasé par la masse de l’église, sans clocher, construite en 1903 et dont l’architecte a dû dessiner les plans sans se déplacer sur le site. Quelques foulées sur le bitume avec ces marnes sombres en perspective… et nous posons les sacs… Un peu de fatigue sans doute mais ce fut une belle journée dont nous pouvons remercier Claude, infatigable marcheur, qui sut nous montrer son coin de Baronnies… Retour par Gouvernet… Tiens donc, avant de nous quitter, je ne résiste pas à l’envie de vous raconter ce que disaient les gens de Saint-Sauveur à propos de leurs voisins :
« Ou ! Tarandou
« es tot au sou.
« Belacomba
« lo cuou le tomba.
« Governet
« amé la Bastià
« quand l’un se desbralha
« l’autre chià. »

Gérard Langlois.

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