Le Peinard

 

Date : 12/03/2015  Difficulté :  Modérée
Accompagnateur : G. Bonfils  Coordonnées UTM :
Participants : 27 Départ : 31T 0670984 4932146 
Longueur : 15,5 km Pique Nique :
Dénivelée : 840 m Autres :
Carte IGN TOP 25 n° :  3138 OT
Position par rapport à Buis-les-Baronnies : 54 km NNO

 

Commentaires techniques :

Le départ se fait de la place de Vesc 26220, position (31T 0670984 4932146), prendre une route qui passe devant un grosse chapelle et un cimetière, azimut 156°, suivre ce chemin sur 650 m, à un carrefour prendre à gauche, puis après 100 m , à droite, traverser un gué sur un ruisseau, vous êtes sur un GPR, balisé jaune et rouge, c'est aussi un sentier à thème sur les caprins, suivre ce sentier en montée soutenue sur 1,4 km environ, au point précis (31T 0670766 4930462) alt. 771 (cairn), quitter le GRP pour obliquer à gauche, sentier balisé jaune, suivre ce balisage azimut moyen 83°, en suivant une clôture, en crête sur « Le petit Ruy », arriver à une aire de décollage de parapentes au point (31T 0671534 4930569) , prendre à droite un bon chemin qui descend dans une large combe, le suivre jusqu'à un épingle à cheveux, panneau indicateur « Col Gauthier » continuer à descendre sur ce chemin, jusqu'au point (31T 0671829 4929477), obliquer à gauche, vous êtes de nouveau sur le GRP, le suivre en descente constante, sur environ 5 km, arriver sur la D 330, traverser le pont sur le « Veysanne », puis 100 m après prendre à gauche, remonter le « Ravin de Bouchet » en montée séverre sur 750 m, ouis au point (31T 0669232 4930669) panneau directionnel, quitter le GRP, prendre à droite un sentier balisé jaune → Vesc, sentier en balcon qui vous ramène après 3,5 km à votre point de départ.
C. Malbois 

Compte-rendu :

Etre ou ne pas être… dans les Baronnies ? Tel pourrait-être le thème de nos réflexions d’aujourd’hui. Aïe, aïe, aïe, ça commence mal, les éventuels lecteurs vont très vite refermer la page. Nous ne sommes pas là pour penser mais pour marcher… peinards ! Oui, mais nos voisins du Pays de Dieulefit qui nous accueillent sont très sensibles sur le sujet : ils ne sont pas dans les Baronnies ! La Montagne de La Lance, par son orientation Nord-Sud, forme en effet une espèce de grande muraille, comme une frontière naturelle entre les Baronnies provençales et ce territoire dont on perçoit immédiatement la spécificité, ne serait-ce que par une végétation qui n’est plus tout à fait méridionale. Il faut le dire… Et alors ? Alors, marchons ! Le village de Vesc sera notre point de départ pour un tour de la Montagne de Ruy serons 27, à l’heure dite, à envahir les deux parkings près du Camping « Au Matin Calme » (tout un programme) pour cette belle balade de pré-printemps.
Dès le départ, nous récupérons un compagnon de route qui ne semble pas décidé à nous laisser prendre seuls ce chemin : une belle chienne, aussi rousse que la flamboyante Maureen O’Hara (allez donc revoir « L’Homme Tranquille »), attend patiemment que nous partions et elle nous suivra (ou précèdera) jusqu’au bout. Descendons le village vers l’Eglise Saint-Pierre, bel édifice roman du XIIème siècle dont nous ne verrons que la silhouette massive mais élégante dans le doux soleil du frais matin (n’est-ce pas bien dit ?). En effet, comme tous les bâtiments religieux sujets au pillage de leurs richesses, elle est fermée au public en cette heure encore matinale et Gaston, qui nous guide aujourd’hui, n’a pas prévu de faire dire une messe pour nous.
C’est donc le GR du Tour du Pays de Dieulefit que nous suivons maintenant jusqu’à ce qu’un premier obstacle ralentisse notre élan : la traversée de la Vayssanne à gué. Quel homme bien élevé mettra-t-il son corps en travers du torrent pour éviter à nos compagnes de se mouiller les pieds ? La récente Journée de la Femme ne semble pas avoir beaucoup sensibilisé ces messieurs à la difficile condition féminine ! Et les dames sont aussi agiles que de jeunes caprins... Tant mieux car nous allons maintenant aborder le Sentier d’art réalisé par l’association Les Caprines : Vesc est, en effet, réputé pour l’élevage de chèvres et la production de délicieux Picodon (ce qui signifierait «piquant et doux» à la fois). Nous allons emprunter ce chemin en profitant de quelques œuvres réalisées par des artistes pour célébrer cette pratique locale : une mamelle d’acier et ses somptueuses tétines, des « piquettes » tressées dans des branches d’épines… Jusqu’à l’ancien cornadis (vous savez bien ce que c’est !) dans lequel ont été insérées des tablettes de plomb gravées où l’on peut lire (se munir de bonnes lunettes !) quelques centaines de mots ayant trait à ce projet. N’oublions pas au passage de regarder aussi le village au creux de la vallée, nappé d’une brume légère et le vieux village à l’écart, dont les pierres continuent de s’écrouler. Au passage, Tanga, notre accompagnatrice, se prend un bon bain dans la mare au bord du chemin, prenez garde aux éclaboussures !
Le sentier pentu permet aussi, à travers les ramures encore décharnées des chênes et des hêtres, des vues sur les montagnes alentour : Les 3 Becs et la Forêt de Saou,… Les mousses épaisses et quelques scolopendres apportent les touches du vert que la nature pas encore tout à fait réveillée nous donnera bientôt à profusion. Ici, quelques timides violettes déjà pointent sous les feuilles et là une hépatique bien seule attend ses compagnes. La Provence s’éloigne peu à peu, le Dauphiné a déjà pris possession de ce territoire. La matinée s’avance… Bientôt nous atteignons la crête où le sentier plus doux serpente, monte et descend permettant aux marcheurs de souffler un peu avant d’atteindre le sommet de la Montagne de Ruy (960 mètres) d’où s’envolent de drôles d’oiseaux multicolores. Le temps de s’orienter à 360° et bientôt s’annonce la descente par une piste facile jusqu’au Col Gauthier, là où Gaston a prévu de nous installer : à midi précise, les sacs à dos tombent… après une annonce de notre collègue Francis qui proclame le choix de Buis les Baronnies comme la ville (de 2000 à 5000 habitants) la plus sportive de la Drôme : Cocoricoooo (ou bien pour nos deux amis britanniques : cock-a-doodle-do et pour Virginie : chicchirichi) !!! Comme il se doit, l’évènement sera (sagement) arrosé.
La sieste a l’air de s’éterniser, Tanga tourne en rond, puis s’allonge, puis se relève, vient balancer la queue sur les lunettes de Clément, rien n’y fait !... Ca y est, Gaston siffle la fin de la pause, ceux qui le souhaitent pourront continuer à dormir en marchant, ça descend pendant un bon bout de chemin. Nous traversons une belle hêtraie et plus loin, près de la Ferme de La Plaine, un châtaignier centenaire au tronc torturé se dresse encore au bord du chemin. Une bâtisse de pierre perchée au-dessus du chemin illumine de sa blancheur le paysage. Nous sommes ici sur le Quartier de La Peine… Pour ceux d’entre vous, nombreux sans doute, qui cherchiez l’explication au nom du circuit, vous l’avez ! Au bout d’un profond ravin, la petite route que nous emprunterons apparaît lointaine, laissons nous glisser tranquillement. Un arrêt pour profiter du moment et de la douceur de l’atmosphère avant de reprendre sur cette route au bord de laquelle coule un ruisseau abondant, dont la musique enchante les oreilles. Tiens donc, notre jeune compagne semble donner des signes de fatigue, elle ne peut résister à un nouveau bain dans un trou d’eau boueuse… Et pourtant, ce n’est pas fini.
A peine le groupe a-t-il rejoint le pont sur la Vayssanne, qui nous fait repasser sur l’autre rive, que le chemin s’élève à nouveau : un bel effort à fournir pour rejoindre le poteau du Ravin Bouchet sur le sentier caillouteux. Juste le temps de souffler et s’ouvre devant nous un magnifique chemin, étroit, en surplomb de la vallée qui s’ouvre à nos yeux. Les à-pics sont saisissants et en deux endroits ont été mises en place des passerelles de bois bien solides (le Pont de la Rivière Kwaïe, que nous avait annoncé Gaston). C’est assez impressionnant. Quelle vue sur Miélandre et, en arrière-plan, Angèle encore enneigée ! Les prairies verdoyantes de la vallée donnent quant à elles une certaine douceur au tableau. Vesc est l’une des communes les plus étendues de la Drôme avec ses 4048 hectares. Les habitués ou futurs stagiaires des formations à la conduite de randonnée peuvent apercevoir le lieu où se dispense ce précieux savoir.
Nous approchons du village que des ruines semblent annoncer. Un groupe de chevaux pait au fond d’un petit vallon paisible, profitant de la douceur du temps. Un nouveau et modeste ruisseau à enjamber et nous remontons la ruelle qui conduit au cœur de Vesc en grand chantier : on y remet en état la place où trône la vieille fontaine. Ce village au riche passé historique, un peu endormi aujourd’hui, possède un beau patrimoine à visiter : Vesc fut en effet le fief des évêques de Die, d’où ce nom dérivé de « vesque », c'est-à-dire « évêque » en langue romane (Ouf !... je l’ai placé). Le bar associatif, haut lieu de l’animation du village, est fermé, il faudra donc se replier vers d’autres terrasses pour le rafraîchissement traditionnel… Les Buxois remontent vite dans leurs voitures… au nez des Vauclusiens qui les regardent partir… Tanga en reste toute ébahie (c’est peut-être la fatigue). Même pas le temps de remercier Gaston pour avoir conduit notre groupe avec le savoir-faire dont il est accoutumé.

G. Langlois

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