Sainte-Jalle - Col d'Onglon - Montaulieu

 

Date : 07/05/2015  Difficulté : Difficile 
Accompagnateur : J.-P. Blanchet  Coordonnées UTM :
Participants :  27 Départ : 31T 0681956 4912690
Longueur : 18,3 km Pique Nique :
Dénivelée : 945 m Autres :
Carte IGN TOP 25 n° :
Position par rapport à Buis-les-Baronnies : 15 km N

 

Commentaires techniques :

 Néant.

Compte-rendu :

Et si, pour changer nos habitudes, je commençais par la fin ? Ce fut une très belle balade que Jean-Pierre nous offrit ce jeudi, encore que parler de balade me paraisse inapproprié pour cette boucle de 18 km dont le charme et la diversité ont su nous séduire. Qui plus est, le printemps donne un agrément incontestable à la nature si le soleil est de la partie : ce fut le cas et les Baronnies en fleurs restent un spectacle qu’il faut savoir mériter. Les 27 privilégiés qui prirent le départ ne sauraient me démentir.

La vallée de l’Ennuye, le « Pagus Baginensis », verte, riche et large vallée, respire la sérénité et non pas l’ennui (s’il est prononcé selon l’usage local). Qu’on l’aborde par la route en venant du Col d’Ey ou qu’on la regarde d’en haut, depuis les crêtes que nous avons parcourues, en partant de Sainte-Jalle, c’est un paysage rassurant et calme. Peut-être la réputation d’opulence de ce territoire y est-elle pour quelque chose ? Sainte-Jalle, village de 280 habitants, occupe seul le fond de la spacieuse et profonde cuvette entourée de jolis villages perchés: Arpavon, Le Poët-Sigillat, Saint-Sauveur, Gouvernet, Tarendol, La Bâtie-Verdun… Nous apercevrons certains d’entre eux au cours de notre ascension. L’itinéraire emprunté pour la montée vers le Col d’Onglon (735 mètres) permettra, en effet, de bénéficier de vues splendides sur les montagnes qui entourent ce large bassin, sur les flancs desquels ils s’accrochent. L’Ennuye qui prend sa source au-dessus de Gouvernet serpente parmi les prairies et champs d’abricotiers, jusqu’à rejoindre l’Eygues à Curnier, tout proche.

Au-delà de l’échancrure que fait le Col d’Ey, entre La Fournache et la Montagne de Montlaud, le Mont-Ventoux qui a perdu maintenant son manteau de neige se présente majestueux et lointain. Parvenus sur les crêtes, passant du Col d’Onglon au Col de Sierry puis au Col des Sept Pommiers, le parcours certes escarpé et rocailleux sera l’un des plus agréables que l’on puisse trouver pour observer tout ce territoire : bien que culminant à moins de 800 mètres, l’impression est saisissante, nous embrassons de là-haut, au bord des falaises, un vaste panorama qui s’étend du Vieux Condorcet à la Montagne d’Autuche puis la Montagne de La Taillade, derrière laquelle se trouve Chateauneuf de Bordette et le Col de La Croix… Tout en bas se love le minuscule village de Montaulieu, vers lequel nous redescendrons pour un pique-nique dans un cadre remarquable, la placette pavoisée pour la commémoration du 8 Mai 1945, demain matin… Chacun y a trouvé sa place, qui sur un banc, qui sur un muret ou sur les marches de la mairie. Avant d’en arriver là, il aura fallu descendre de notre promontoire de l’Aiguillette par un de ces sentiers que notre guide affectionne… A rendre Clément jaloux. Cet exercice (à peine) périlleux aura permis à Michel de montrer aux dames ses qualités de galant homme…

Il en est un qui a dû se régaler derrière son objectif, Jean qui a pu enrichir son herbier de quelques fiches supplémentaires. Ce fut un festival de couleurs : jaune des boutons d’or, genets, hélianthèmes et autres… les bleus profonds des aphyllantes et du lin sauvage… les touffes de thyms roses et odorantes… et bien d’autres encore dont je ne saurais dire le nom. Une belle orchidée « orchis purpurea » seule au bord du sentier menant à la crête et quelques autres plus modestes en bas parmi les arbustes épineux. Dans le ciel, deux ou trois vautours tournoient au-dessus de nos têtes : nous auraient-ils confondus avec de vieilles charognes ? A moins que cela ne soit pour le groupe de randonneurs pierrelattins que nous avons croisé là-haut ? Bref, la nature est en fête. Et pour bien signifier à tous que c’est la saison où tout renaît, au retour, avant de retrouver Sainte-Jalle, une brebis qui vient d’agneler allaite son agneau qui tète goulument : la vie est belle pour ce jeune animal… mais elle sera courte.

Mine de rien, Jean-Pierre nous fera avaler les kilomètres et les dénivelées, sans qu’aucune voix ne s’élève : un meneur d’hommes (et de femmes), ce garçon. Il y a tant de choses à regarder que l’on oublie pieds et mollets. Même le petit bout de piste au soleil après le déjeuner ne suscitera aucun commentaire : Claudine voudra nous faire croire qu’elle a perdu son téléphone pour le gravir une deuxième fois ! Son appétit de dénivelée sera vite satisfait car une jolie côte est au programme de l’après-midi, la surprise du chef : virage à 90°, nous quittons la piste et escaladons ce sentier qui mène au Col de Serriès (717 mètres), près de La Grange de Blachet (pourquoi pas Blanchet, c’eût été trop drôle). Parvenus au col, c’est une descente en continu qui s’offrira au groupe, avec le village de Rochebrune en perspective : la tour de l’ancien château fort du XIIIème nous sert de repère au dessus de la vallée où les marnes noires dominent. Là encore, le sentier en balcon offre de belles vues sur la cuvette de Sainte-Jalle.

Plus bas, empruntant un petit sentier qui mène au torrent du Rieu Frais dont la source se trouve près du Col de Serriès, Jean-Pierre fait observer, noyées dans la végétation, les restanques qui témoignent de l’activité humaine et du mode de culture en ce lieu : malheureusement, le projet de valorisation du site, initié il y a quelques années sous l’égide de l’UNESCO, n’aura pas eu de suite. Parvenus au bord du cours d’eau, il n’y aura plus qu’à le suivre en se laissant enchanter par la musique joyeuse qui inciterait à prendre un bon bain de pieds en cette fin de randonnée chaude et ensolleillée. Un peu de bitume, jusqu’à Sainte-Jalle, pour terminer la balade, mais il importe peu car la petite route permet de reprendre les discussions à deux ou trois de front qui font partie du charme de nos randonnées.

Et bien, voilà une randonnée comme nous les aimons, variée, sportive, enrichissante pour nos neurones… et conviviale, allons donc « arroser » cela (avec modération, bien sûr).

Gérard Langlois.

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