Ste Jalle - Le Poët Sigillat - Arpavon

 

Date : 21/04/2016 Difficulté : Modérée
Accompagnateur : D. Fétisson
Coordonnées UTM :
Participants : 23
Départ : 31T 0682045 4912563 
Longueur : 17,7 km Pique Nique :
Dénivelée : 685 m Difficulté IBP index : 71
Carte IGN TOP 25 n° : 3139 OT
Position par rapport à Buis-les-Baronnies :  15 km N

 

Commentaires techniques :

Départ du parking de Sainte Jalle (31T 0682045 4912563). Prendre la D 64 azimut moyen E. Après 800 m environ, prendre à gauche, un sentier balisé en jaune, le long des vignes, azimut NNE. Le suivre pour arriver sur la D 568, traverser la route et poursuivre sur le même sentier jusqu'au « Poët Sigillat » ; là, changer de cap, prendre NE. Une piste équestre et un balisage jaune, toujours rester sur la piste qui part à droite, en montée modérée.
Au point précis (31T 683034 4916457), prendre à gauche, un sentier bien tracé mais sans marque, poursuivre tout le long de la crête de « Charrière-Vieille », pour arriver au village d' « Arpavon ».
Changer de cap, azimut Sud puis Ouest, sur une large piste forestière, qui vous mêne au « Col de Goudon ».
De là, descendre à vue vers Sainte Jalle et le point de départ.
C. Malbois 

Compte-rendu :

Chers lecteurs, si tant est qu’il y en ait encore quelques uns parmi les adhérents de Randouveze dont je crains une certaine désaffection à l’égard de ce site qui devrait être le lien entre nous, je vous propose aujourd’hui une balade classique dans le Pays de Sainte-Jalle, le « Pagus Baginensis ». Elle sera conduite par Daniel. Pour ne pas faillir à nos habitudes, rendez-vous est donné sous les platanes qui, en période estivale, abritent de leur ombrage la foire Saint-Barthélémy. Cette manifestation qui remonte au XIIIème siècle reste le temps fort de l’année de cette bourgade qui semble bien endormie ce matin... Nous allons donc essayer de ne point réveiller les riverains... Partons sur la pointe des pieds et dirigeons nous vers Notre-Dame de Beauvert (ou Beauver ou Beauvoir) à qui le troupeau affamé de kilomètres n’adressera qu’un regard furtif. Au passage, une brave Sainte-Jalloise matinale dans le rôle de l’oiseau de mauvais augure nous annonce la pluie... Nous verrons bien !...

Et bientôt nous quitterons le bitume à La Condamine pour rejoindre la première étape du jour, le village du Poët-Sigillat. Le sentier traverse champs de vignes, d’abricotiers et prairies de cette riche vallée de l’Ennuyé (prononcer « ennui ») que nous pouvons découvrir au gré de la douce montée, par Vendhomme. De belles parois en mille-feuilles surmontant le Ravin de la Chancelière puis les marnes gargasiennes de Serre-Curnier montrent la complexité géologique de ce territoire. Là, nous rejoindrons la petite route qui mène au village que nous n’emprunterons que sur une courte distance. Derrière nous, le Col d’Ey, d’où l’on bascule de la Vallée de l’Ennuyé vers la vallée de l’Ouveze. Après la Ferme des Prés, le paysage change et le chemin traverse une zone boisée dense, peuplée de chênes, et continue de s’élever lentement... Le Poët-Sigillat apparaît.

Ce village est souvent visité mais toujours apprécié par nos randonneurs non seulement pour ses toilettes judicieusement placées à l’entrée du vieux village mais surtout pour ses belles maisons de pierre bien restaurées. Le tour du village ne rend pas vraiment compte de sa situation, perché sur une arête rocheuse de calcaire barrémien. Sans doute n’est-il pas totalement inutile de rappeler que le nom « Poët » est dérivé du mot latin « podium » (qui s’est aussi transformé ailleurs en « Puy » ou en « Puech ») signifiant « petite éminence » et par extension « village perché ». Dans des documents datés de 1251 le village est appelé «Le Poy » ... Les cancres qui s’amusent avec les jouets abandonnés par le petit voisin près du mur où se reposent les marcheurs devront apprendre cela par cœur et seront interrogés à la prochaine visite !

Les plus sérieux iront jusqu’à l’Eglise, détruite pendant les Guerres de Religion, rebâtie en 1605 et plus récemment restaurée en 1994. La bonne odeur d’encaustique qui vous accueille dès l’entrée oblige à remarquer boiseries et mobilier (autel, chaire, confessionnal,...) mis en valeur de belle manière. Une douce impression de sérénité se dégage de cet ensemble que quelques tableaux intéressants viennent compléter... Et puis, « Poët, Poët ! », le départ est annoncé. Nous n’irons pas plus loin dans le village.

Va s’ensuivre une piste moins attrayante mais qui a le mérite de nous laisser échapper le regard vers la vallée, le Col d’Ey et plus loin encore le Mont Ventoux... La piste devient sentier au flanc de la montagne après l’embranchement qui, à droite, mène vers la crête de Charrière-Vieille. Si l’on y regarde de plus près, en direction de nos chaussures, de petites orchidées (ophrys insectifera ?) ponctuent le chemin. Plus haut, d’autres spécimens de couleur sombre se révèlent encore... Dans cette caillasse, à y regarder de près, la diversité des plantes qui fleurissent maintenant au printemps est étonnante, sans parler des touffes de thym qui embaument. Nous irons ainsi jusqu’au sommet de cette montagne (816 mètres) pour y poser nos sacs et sortir la biasse avant de redescenddre par le sentier en crête jusqu’au village d’Arpavon, deuxième étape patrimoniale du jour. La descente, si elle n’est pas périlleuse, mérite un peu d’attention. Et, là encore, le sentier dégagé permet des vues vers les sommets baronniens qui auraient mérité un peu de lumière.

La file des randonneurs s’est étirée et les derniers qui atteindront Arpavon retrouveront une alignée de sages bien installés sur le muret accueillant qui se trouve à l’entrée du village, d’autres sont déjà à visiter les ruelles qui s’étagent sur une pente bien exposée au sud. Un curieux vestige qui pourrait être daté de la fin du XXème siècle, de couleur rosâtre, abandonné sur la place devant le cimetière, paraît assez déplacé en ce lieu. Francis ne résiste pas à y exécuter un simulacre très imagé... Plus sérieusement, un arrêt à la petite église Saint-Etienne, du XIIème siècle : une inscription datée de 1148 est dédiée au prêtre Ponce Latil qui contribua à ériger cet édifice.

Le chemin du retour s’annonce maintenant... Une longue, longue piste nous ramènera vers Sainte-Jalle, passant par le Col de Goudon (602 mètres). Rien de vraiment remarquable, mais peut-être sommes-nous un peu déçus par ce temps maussade qui gomme les détails du paysage ! La dernière descente, toujours fastidieuse, est ici rendue glissante par les gravillons qui roulent sous la chaussure. Aussi serons-nous heureux de retrouver, après le Mémorial de la Résistance, le village dont le donjon carré, massif, flanqué d’une tour ronde, marque l’entrée : c’est la Porte du Puy où s’amorce la descente vers le village. Les anciens communs du château ont été reconvertis en gîtes... Une bâtisse d’allure néo-romane construite là, au pied du château, il y a quelques années, essaie de faire bonne figure et de s’intégrer au paysage... Une visite rapide à la petite chapelle dont la porte est entrouverte... Puis chacun se dirige à son gré dans le labyrinthe des ruelles du vieux village, sombres et pentues, avant de retrouver le parking sous les platanes.

Finalement, cette sortie aura été de près de 18 kilomètres. S’il n’y eut pas de réelles surprises, elle n’a pas manqué d’agrément et nous en remercierons Daniel, notre guide et son inséparable parapluie qui, comme un gri-gri, aura éloigné la pluie... En effet, à peine parvenus aux voitures, les premières gouttes s’annoncent. Filons vers Le Buis pour arroser cela.

Gérard Langlois.

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