Sault - St Jean de Sault

Index de l'article

 

Date : 24/03/2016
Difficulté : Facile
Accompagnateur : B. Bernard
Coordonnées UTM :
Participants : 37
Départ : 31T 0692800 4884923
Longueur : 19 km Pique Nique :  31T 0693757 4879460
Dénivelée : 550 m Difficulté IBP index :  66
Carte IGN TOP 25 n° : 3240 OT
Position par rapport à Buis-les-Baronnies :  36 km SSE

 

Commentaires techniques :

Parking place des Aures à Sault.
L’itinéraire parcouru dans le sens horaire est une boucle orientée nord –sud.
La descente des ruelles de Sault nous conduit à la D245 que l’on traverse pour prendre un sentier en sous-bois qui lui reste globalement parallèle.

Au point 31T 06915113 4880519 (alt. 927 m), nous prenons une orientation WSW pour atteindre le lieu-dit « La Peine » et ses champs de lavande en cours de plantation.
Après le pique-nique, nous suivons azimut S le GR9 jusqu’au point 31T 06933754 4878823 poteau « Le Puits » (alt. 995 m).

Le Ravin de la Combe Crau (ou Croc) constitue la base sud de l’itinéraire et nous amène à Saint-Jean de Sault en passant par la station de pompage et la chapelle.
Notre retour vers le nord s’effectue à proximité de la D943 que nous laissons au point 31 T 0692450 4882980 pour rejoindre le hameau des Fournigons.
Derrière la maison-chapelle se profile le village perché de Sault que l’on rejoint par la courte partie commune du circuit.

Nous avons marché durant 5h à une moyenne de 3,8 km/h. Si l’on ajoute les 2h30 d’arrêts, notre moyenne globale s’établit à 2,55 km/h.
Merci Bernadette pour cet itinéraire habile qui évite routes et GRs !

Georges Thouard.

Compte-rendu :

Pour ce jeudi, une randonnée « facile » a été concoctée par Bernadette.

Pas de sommet mythique à escalader : juste quelques montées pas trop dures pour nos mollets.
Pas de descentes vertigineuses : mais quelques passages descendants doux pour nos genoux.
Pas de torrents tumultueux à franchir : seulement quelques sources glougloutantes cachées sous les buis.
Pas de cailloux rugueux et traîtres à nos chevilles : mais des sentiers « moelleux » agréables à notre cœur.

Nous sommes au pays des lavandes entre Sault et St Jean.
Début par un sentier dans les sous-bois.
Ensuite (après une petite montée) marche sur le plateau avec vue sur la Montagne de Lure et le Ventoux.
Repas convivial à l’abri du Mistral.
Descente dans une jolie petite combe.
Après St Jean un peu de garrigue où nos «cabrettes » ont escaladé un poste de chasse. (C’est pas bien de cafter !)
Retour vers Sault par un sentier abrité par les buis.
Retour à Sault, où tous ensemble nous avons bu la « grenadine de l’amitié ».

Aucune difficulté, sauf bien sûr réveiller les troupes après la sieste.

Vic THORUGAULT

Ce frais matin de printemps, sur le parking des Aires, combien de Randouvèziens sont-ils à Sault ? Six, dites-vous ? Navré, je souris, sot que vous êtes ! Non, 36 !... Ah, c’est beaucoup de monde ? Vous m’avez dit que le parking est désert !... Non j’ai parlé du « Parking des Aires »... C’est bien ce que j’ai entendu, vous avez dit « désert » !... ???... (Soupir d’incompréhension)... En tout cas, Bernadette, carte en main, accueille ses compagnons de route. « Ils sont venus, ils sont tous là ! » fredonne Georges, guilleret, tout en affutant son arme préférée, le GPS. En effet, nos dames de Ferrassières, Reine et Jacquotte, sont arrivées les premières ; Dale et David, nos amis Australiens, sont aussi venus découvrir ce beau Pays de Sault... Vous pourriez être plus respectueux des habitants !... Pourquoi ? En quoi aurais-je manqué d’égards pour les Saltésiens ?... Vous avez parlé d’un « pays de sots »... Oui, je parle bien du Pays de Sault !... ???... (Soupir de désolation).
Allons, cessons ces vaines querelles et marchons. Les ruelles de la vieille ville, bordées de hautes façades caractéristiques de l’architecture de tradition méditerranéenne, dans laquelle cohabitaient animaux en rez-de-chaussée et habitants dans les étages supérieurs, sont presque désertes en cette heure encore matinale. Nicole s’autorise un saut chez le boulanger du coin de la rue (peut-être a-t-elle déjà humé le doux fumet d’une terrine à la façon des Dames de Ferrassières pour agrémenter cette baguette croustillante ? La belle vitrine du nougatier, l’un des meilleurs de la région selon les gourmands, en fait saliver quelques uns. Sait-on que le nougat de Sault (pas le pinceau) est une spécialité locale réputée (ainsi que fruits confits et macarons) et qu’il n’a rien à envier à celui de Montélimar, n’en déplaise à nos amis Drômois ! Pas de querelle entre Randouvèziens et continuons de descendre la Rue des Esquiche-Mouches (qui pourrait nous dire l’origine de cette délicieuse appellation ?) qui nous mènera au sentier caillouteux dévalant jusqu’à la route départementale que nous traverserons aussitôt pour gagner notre itinéraire.

Coup d’œil en arrière pour admirer cette belle carte postale de la cité perchée sur son promontoire, avec ses façades abruptes. Tout à droite une curieuse maison rose dénote un peu dans le paysage : que pourrait bien abriter cette maison de guimauve flanquée d’une tourelle ? Voilà bien un sujet de réflexion pour occuper nos neurones. Comme le dit Vic Thorugaut, il n’y a rien à dire de la montée en sous bois sans difficultés qui s’ouvre devant nous... N’est-ce pas un peu court, cependant, pour nos (fidèles) lecteurs qui attendent de la substance ? Il aurait pu dire que le printemps faisait surgir de nombreuses hépatiques (anémone hépatique ou Hepatica nobilis) dont le mauve ponctué de minuscules étamines commence à égayer le sol encore recouvert de feuilles mortes... Comment imaginer que cette fleur modeste et élégante serait toxique ! Et la Source des Conchettes dont les vertus thérapeutiques alléguées auraient guéri de nombreux malades... En tout cas un écriteau affirme que celui qui, chaque jour, par tout temps, vient y boire cette eau vertueuse est assuré de vivre longtemps, sans bourse délier ! Voilà une solution pour le « trou de la Sécu » ! Quant au nom de cette source, qui pourra nous en dire, une fois encore, l’origine ? Conchette signifiant « petite coquille », nous nous perdrons en vaines conjectures pour trouver une explication logique.

Plus haut, dans un virage du sentier, la Source des Chenilles nous invite à faire un nouvel arrêt. Le mince filet d’eau qui coule en murmurant au milieu d’un épais coussin de mousse est l’objet d’une observation attentive de nos randonneurs. Les spécialistes repèrent au fond de la vasque du cresson sauvage authentique... Pas suffisant pour faire une bonne salade aux vertus bienfaisantes : dommage car le cresson contient un nombre et une variété de vitamines absolument exceptionnels. Les Romains en consommaient en grande quantité car le cresson de fontaine était réputé pour prévenir la calvitie et stimuler l’activité de l’esprit... Effectivement, cela vaut mieux que de se gratter la tête obstinément pour trouver des idées (CQFD). Pour nos vénérables Randouvèziens, on lui aurait attribué également des vertus aphrodisiaques ! Oui, mais notre randonnée, me dites-vous, quand allons-nous la poursuivre ?

Alors, marchons, continuons encore sur ce chemin sans surprises, à propos duquel il n’y a rien à dire. Tiens donc, au loin émerge un sommet enneigé : c’est la Montagne de Lure, chère à Giono, qui se rappelle à notre bon souvenir. Et bientôt, au poteau de La Peine (1030 mètres) où nous rejoignons un tronçon des GR4 et GR9, nous allons découvrir le plateau où la lavande recouvre de vastes étendues. C’est le moment de replanter et d’énormes engins travaillent à repiquer les jeunes pousses dans un sol rouge et rocailleux pour de futures récoltes odorantes. Un arrêt pour glaner quelques explications sur la culture et la durée de vie de cette plante qui fait la réputation de Sault. Sur ce territoire, pendant la Seconde Guerre Mondiale, la Résistance fut très active et des terrains d’atterrissage clandestins furent aménagés pour permettre aux avions alliés d’approvisionner les réseaux. Quelques centaines de mètres plus loin, à l’abri du vent qui s’est levé, nous trouverons un bel espace où poser nos sacs et sortir nos biasses.

Ce moment incontournable, presque sacré, où s’échangent mets et douceurs et breuvages sera d’une qualité encore accrue car nos amies de Ferrassières, fidèles à leur tradition, ont apporté quelques échantillons de leur savoir-faire : terrine et confitures à se damner pour l’éternité... ou presque ! Et cette belle lumière du ciel de Provence qui éclaire notre humeur. Il faudra que la chef d’équipe soit persuasive pour que se lèvent nos corps langoureusement amollis (j’exagère un peu).

La suite sera sans histoires, en tout cas pas davantage qu’à la montée. Le Mont Ventoux, frère aîné de la Montagne de Lure, brille au loin de l’éclat de la dernière neige. Nous rejoignons à nouveau le GR9 au lieu-dit Le Puits (992 mètres) et redescendons vers Saint-Jean de Sault par le Ravin de Combe Crau. Tout en bas, avant la station de pompage des Courtois, un curieux petit monument, composé de ce que pourraient être de petits personnages de pierre d’inspiration naïve, est posé là... Sur le bord de la route départementale, de vieilles maisons un peu délabrées dressent leur triste carcasse... Le village que nous traversons par la Rue de la Pétanque qui se prolonge par la Rue du Pastis (humour local ?) est tout endormi, c’est encore l’heure de la sieste. L’unique cloche de l’église Saint-Jean-Baptiste sonnera bientôt le réveil... La route redevient piste et nous mène, contraste étonnant, à un cimetière de modèles Citroën hors d’âge, AMI6, AMI8, Dyane,... Plus loin, un poste d’observation utilisé par les chasseurs n’attend plus qu’un oiseau intrépide veuille bien s’y poser : ce sera un volatile d’une espèce rarissime que les Randouvèziens ont adopté, la Virginia dolomitensis, espèce transalpine bien implantée en Provence dont nous avons déjà eu l’occasion de parler... Rien d’exceptionnel, en somme !

Attention, nous allons devoir longer à nouveau la route d’Apt : Bernadette menace la troupe de représailles si un seul orteil mord le bitume avant son ordre, voilà bien un chef avisé ! Le départ est donné, nul ne bronche ni ne s’écarte de l’accotement jusqu’au chemin qui nous conduira à Sault, à la limite des champs de lavande et d’épeautre qui s’étendent jusqu’à Monieux... La citadelle de Sault est en vue, dressant ses hautes façades lumineuses au soleil de l’après-midi... Quel est l’individu mal intentionné qui inventa l’expression « il pleut à Sault » !... Il faut maintenant rejoindre le sentier qui, ce matin, nous vit dévaler de la cité médiévale... Nous remontons gaillardement à l’assaut, les profondes ornières sont de dangereux pièges à enjamber, il faut jouer à saute-ruisseau et ne pas se mélanger les pinceaux ! Mais nos jouvençaux de Randouvèze en ont vu d’autres, le pied est sûr.
Devant l’église, nous passons sans nous arrêter, la porte close ne nous permettra pas d’y entendre un Gloria à Sault (j’ai honte !) et nous nous projetons au-delà de la Place du Marché à grandes enjambées car là-bas le panonceau d’une brasserie excite déjà nos papilles asséchées... Branle-bas de combat parmi tables et chaises pour accueillir un tel troupeau : c’est la horde sauvage (hémoglobine en moins). Enfin désaltérés, nous allons pouvoir récupérer nos fougueuses montures sur le parking des Aires... Pourquoi désert, il y a plus de monde que ce matin !... Je n’ai pas dit « désert », j’ai dit « des Aires »... Ben oui, c’est bien ce que j’ai entendu tu as dit « désert »... Navrant !!!

Merci, néanmoins à Bernadette pour cette balade printanière où il ne s’est rien passé... Vic Thorugaut avait raison, nous sommes loin des épopées de La Légende des Siècles, mais quel bonheur de randonner dans nos paysages proven... Sault !

Gérard Langlois.

Vous avez trouvé une erreur ou faute de frappe ? Sélectionnez la et appuyez sur Ctrl + Entrée.