Les sommets de La Roque-Alric

Date : 17/05/2018  Difficulté :  Modérée
Accompagnateurs : C. Rey & JJ. Roudet    Coordonnées UTM :
Participants : 11 + 9  Départ : 31T 667831 4889379 
Longueur : 15,0 / 13,5 km Pique Nique :
Dénivelée : 737 / 580 m Difficulté IBP index : 62 (15 km)
Carte IGN TOP 25 n° :  3040 ET
Position par rapport à Buis-les-Baronnies : 21 km SW

 

Commentaires techniques :

 

Compte-rendu :

 Le départ de Buis-les-Baronnies eu lieu vers 8h00 pour un trajet d’une trentaine de km amenant les participants au parking du château du Barroux*, village situé à proximité des dentelles de Montmirail, où attendaient déjà une partie des randonneurs. Deux itinéraires étaient proposés :
• Le 1er itinéraire, mené par JJ Roudet accompagnée par 8 autres participants, décrivait, à partir du Barroux, une boucle globalement orientée N-S
• Le 2nd, mené par C Rey, avec 10 randonneurs, partait vers l’Ouest et englobait 3 « sommets » (Pié Logier, Carabelle et Devès) avant de revenir sur Le Barroux.
Le second itinéraire est rentré très vite dans le vif du sujet avec une 1ère montée le long des flancs du Piè Logier, montée agréable, à l’abri des arbres, car un soleil généreux nous a accompagné tout au long de la journée.

Le 2ème sommet (Carabelle) fut gravi dans la foulée, avec un arrêt, au passage, au Graveyron où une table d’orientation nous a donné une vue d’ensemble (+/-180°) du paysage.

Le sommet de Carabelle nous a accueilli pour la pause de midi (Plutôt 13 heures !) et, installés au sommet d’une petite falaise, nous avons pu reprendre des forces tout en admirant le paysage magnifique, nous permettant de détailler le fil conducteur de cette belle randonnée : Les Dentelles de Montmirail** (Montmirail viendrait du latin mons mirabilis qui signifie « mont admirable »).
Nous repartîmes dès que le repas fut terminé, car nous avions en ligne de mire le Devès, dernière « difficulté » avant de redescendre sur Le Barroux.

Cette randonnée nous a permis de découvrir profusion de fleurs et aussi quelques arbres fruitiers, en particulier cerisiers, qui, si les fruits n’étaient pas tout à fait mûrs, ont cependant été l’objet d’attentions toutes particulières (aucun problèmes intestinaux a posteriori ?).

Encore une fois, un timing parfait (à croire que tout était calculé à la seconde !) nous permis de faire la jonction avec le groupe mené par JJ Roudet au parking du château du Barroux.

Et encore une belle randonnée, sous un temps magnifique et avec un splendide panorama. Merci à Christian et Jean-Jacques pour nous avoir fait découvrir la région des Dentelles de Montmirail.
A la prochaine randonnée !

*Le château du Barroux
A sa construction, au XIIème siècle, le château du Barroux était un puissant donjon, qui protégeait la plaine Comtadine contre les invasions sarrasines et italiennes. Du XIIème au XVème siècle, il appartint successivement aux familles des Baux, de Budos, de Ricavi, de Peyre, de Cardaillac, de Rovigliasc, de Pelletier de Gigondas et de Noret. En 1274, lors de la prise de possession du Comtat Venaissin par le Pape, le Barroux devint un fief sous la dépendance de la Chambre apostolique de Carpentras, jusqu'en 1791, date à laquelle le Comtat fut rattaché à la France. En 1538, en règlement d'une dette, il devient la propriété d'Henri de Rovigliasc, comte de Veynes. Des fortifications ont été construites vers les années 1680 - 1690 sous l'impulsion de Vauban. Puis le château est abandonné, saccagé en 1793, vendu au XIXème siècle il servit de carrière de pierres pendant presque 150 ans...
M. Vayson de Pradennes, industriel acquit le château, et commença à le reconstruire entre 1929 et 1939 (date de sa mort). Durant la guerre, il fut en partie utilisé comme poste d'observation par les troupes allemandes. Le 24 Août 1944 les allemands incendièrent le château. Une nouvelle restauration fut entreprise dès 1960 par le Docteur Mouliérac-Lamoureux, médecin militaire. Plusieurs films y furent tournés en 1977 - 1978 (L'épée d'Ardouaan), et en 1980 (Les contes du chat perché). Depuis 1993, l'Association des Amis du Château du Barroux poursuit le travail de restauration, avec le soutien de la famille Vayson de Pradenne, à laquelle le château appartient toujours.
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** Les Dentelles de Montmirail
Le massif des Dentelles de Montmirail est constitué de trois arêtes parallèles : Au nord-est se trouve la crête de Saint-Amand qui culmine à 732 m, au centre se trouve les Dentelles Sarrasines avec leurs 667 m d'altitude et au sud le Grand Montmirail domine de ses 553 m la plaine du Comtat Venaissin.

Les dentelles de Montmirail renferment les dépôts géologiques les plus anciens de la région : Les évaporites du Trias. Entre 195 et 205 Ma, la Provence était recouverte par une mer peu profonde et soumise à un climat chaud et aride. Au fond de cette mer se dépose une épaisse couche de sel et de gypse qui va être le moteur essentiel de la formation des dentelles de Montmirail. En effet, du Jurassique (140-145 Ma) jusqu’au premiers mouvements compressifs N-S liés à la formation des Pyrénées puis des Alpes au Tertiaire (53 – 8 Ma), la région des Dentelles correspond à un vaste bassin marin (la fosse Vocontienne) qui se comble petit à petit avec des dépôts calcaires. Lors de la compression N-S, le sel Trias épais (env. 400m) va réagir, du fait de sa densité plus faible, en s’injectant vers le haut dans une zone de faiblesse liée à la faille de Nîmes (La faille de Nîmes est la plus importante du sud-est de la France.

Elle s’enracine à plusieurs kilomètres de profondeur, prend naissance en Catalogne, traverse le Midi et se perd dans les Alpes). Cette poussée du sel vers le haut prend la forme d'un champignon et se nomme un diapir. Dans le Vaucluse ce diapir va propulser vers le haut en les redressant à la verticale les couches calcaires du Jurassique (Tithonien : 150 à 145 Ma). Les Dentelles de Montmirail sont nées. A noter que la géométrie du Saint Julien est aussi liée à ces dépôts salifères Trias (on en parlera peut-être lors d’une future randonnée). A noter aussi qu’un des bon crus de Beaumes de Venise (Cuvée du Trias) est localisé sur les formations géologiques associées aux dépôts salifères.

Encore une fois, et comme pour les randonnées précédentes (Lance, Luberon), on retrouve les mêmes éléments géologiques façonnant le paysage : dépôts calcaires de la fosse Vocontienne, formations salifères du Trias, et surrection des Pyrénées et des Alpes, tout cela se traduisant dans le paysage par des crêtes rocheuses globalement orientées E-W.

JM Champanhet


Photographies : Viviane Cortès - Gérard Mary 

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Trace : Viviane Cortès

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